Sonate au Studio Hébertot : Camille de Léobardy imagine un dialogue entre Köchel et Mozart

Sonate au Studio Hébertot : est-ce que Camille de Léobardy brode un dialogue entre Mozart et Köchel, ou est-ce qu’elle fait vivre au spectateur la lutte entre sa passion d’enfant rebelle et la raison de son entourage ? A vous d’aller voir !

Sur la scène, un piano, forcément. Un portemanteau, une mallette en cuir, des partitions. Plus surprenant, un djembé. Dans le noir, Mozart s’y assied. Tam Tam Tadam Tam… Sonate pour harmonica et djembé numéro un en La majeur… Tu l’as notée dans ton catalogue, Köchel ?

Mozart, un adolescent provocateur ? Nous y reviendrons.

Suivons pour l’instant le fil du spectacle, Camille de Léobardy installe un dialogue entre Mozart et Köchel. Le musicien qui a écrit les œuvres, le botaniste qui consacrera la moitié de sa vie à en faire l’inventaire, son répertoire dénombre 626 partitions, numérotées, les fameux Kxxx, il pèse cinq kilos.

Mon oreille n’a pas été éduquée à l’écoute de la musique classique, je trouvais le spectacle agréable, sympathique. Bien joué. Pas mal d’agitation, toujours très propre, réglé comme un ballet, on sent les années passées devant un clavier, ou à la barre. On imagine le metteur en scène canaliser l’énergie débordante de l’artiste.

Sur un mot, tout a basculé. J’ai brutalement compris que Camille de Léobardy ne me parlait pas du tout de Mozart et sa folie créatrice dialoguant à travers le temps avec Köchel et son catalogue raisonné. J’ai compris qu’elle me parlait d’elle, et son spectacle s’est mis à me passionner.

C’est elle, la tornade bourrée d’énergie qui chamboule l’univers. C’est elle dont la passion dialogue avec la raison. Les raisons, d’ailleurs, la sienne, celle de ses humanités, celle de son environnement. C’est sans doute elle qui un jour s’est saisie d’un djembé posé là, souvenir du voyage d’un ancêtre, qui a improvisé une variation, Do Ré Do Mi. Que veut-elle nous faire partager quand elle évoque le départ de la cour, le refus des compromissions de l’artiste qui a besoin d’exister par et pour son art, quelles amarres a-t-elle larguées ?

J’étais embarqué. Les variations, parce qu’on retrouve des traces de la Marche Turque jusque chez Marie-Paule Belle ? oui, bien sûr. Les gestes précis, dansés ? Évidemment. Le sous texte passait, les émotions passaient. Le temps passait, un peu vite, je savourais l’enfant rebelle qui vivait sa passion sous mes yeux.

Au Studio Hébertot jusqu’au 8 novembre 2022
Lundi : 21h00 – Mardi : 19h00

Texte : Camille de Léobardy
Avec : Camille de Léobardy
Mise en scène : Pierre Ficheux

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