Ciel Rouge. Matin. de Tom Holloway aux Déchargeurs mis en scène par Aurore Kahan

Ciel Rouge. Matin. aux Déchargeurs : un grand coup de cœur pour cette fugue théâtrale, une fuite familiale hyper réaliste qui plaira à tous ceux qui aiment le spectacle vivant quand il sort avec un tel talent des sentiers rebattus. Texte de Tom Holloway, mis en scène par Aurore Kahan. William Astre, Sarah Cotten, Corinne Valancogne méritent que vous alliez leur tirer un grand coup de chapeau.

Au milieu de la scène, un cube, la hauteur d’un tabouret. Plus en arrière, un voile, sur la moitié de la largeur. Un homme arrive. Je… Ouais… Je suis dehors. Il fait nuit. Je suis dehors dans le jardin.

La séquence est belle, poétique, un homme seul dans son jardin qui parle des étoiles, de la lune, de l’odeur de son barbecue. Comme sont belles les premières mesures d’une fugue, quand la seule première voix est là. Plus tard, ça se complique.

Une fugue. Sur la forme, et sur le fond. C’est exactement comme ça que j’ai reçu Ciel Rouge. Matin. Une fugue à trois voix.

Un homme, une femme, leur fille. L’homme est cérébral, avec un masque empathique, heureux. La femme est animale, ses besoins physiques deviennent des manques. La fille se découvre grandir, cherche les limites de la réalité. Une réalité qu’ils partagent, qu’ils fuient, qu’on leur renvoie à la figure. Une fuite. Une fugue, elle se termine sur une séquence qui prendra le cœur du spectateur, et le serrera implacablement.

Trois personnages, trois voix. Qui se répondent sans se parler, se cherchent sans se trouver, parfois se chevauchent. Une fugue. L’art est difficile, quand il s’agit de jouer trois personnages dont les propos se mélangent. Mis en scène au cordeau par Aurore Kahan, William Astre, Sarah Cotten, Corinne Valancogne y arrivent avec brio, ils méritent un grand coup de chapeau pour cette performance dont on sait qu’elle est le fruit d’un travail intense, abouti, pour un résultat qui a la fluidité d’une fugue de Bach interprétée par trois étoiles.

Je suis rentré petit à petit dans Ciel rouge. Matin. Séduit par la poésie des premiers mots de l’homme, d’abord intrigué par sa forme, découvrant au fil des mouvements le fond, qui se rejoignent. La fugue, la fuite. Appuyées sur les superbes lumières de Johanna Boyer-Dilolo et Titiane Barthel, ponctuées par le son de Sami Boukhris.

Un grand coup de cœur pour cette fugue théâtrale, pour cette fuite familiale hyper réaliste qui plaira à tous ceux qui aiment le spectacle vivant quand il sort avec un tel talent des sentiers rebattus.

On déconseillera la pièce à ceux qui ne sont pas encore sortis de l’adolescence.

Au Théâtre des Déchargeurs jusqu’au 29/10/22
Du mercredi au samedi : 19h00

Texte : Tom Holloway – la pièce est représentée en France par Séverine Magois, en accord avec Casarotto Ramsay, Londres
Avec : William Astre, Sarah Cotten, Corinne Valancogne
Mise en scène : Aurore Kahan

Visuel : Ariane Damain Vergallo

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