D’un lit l’autre

Un spectacle inclassable, un kaléidoscope psychédélique dans l’univers de Frida Kahlo, une performance artistique et physique, D’un lit l’autre est tout ça. Une pièce de Tünde Deak interprétée par Victoria Belen Martinez et Céline Milliat-Baumgartner.

Quand le rideau se lève, le spectateur se retrouve face à une ombre, une femme allongée sur le mur du fond de scène, autour de laquelle tournent des silhouettes vidéo. La femme ouvre les yeux, regarde à droite, à gauche. Oh là là, y a du monde. Elle fixe un visage, un autre.

Derrière moi, il y avait un petit garçon. A la fin de la pièce, je l’ai entendu s’exclamer « J’ai rien compris, mais c’était super beau ». Comment le dire mieux… C’est lui qui a raison.

On peut aller un peu plus loin. Le décor reproduit, sur le mur du fond de la scène, une salle d’autopsie vue du dessus. Nous assistons au réveil de Frida Kahlo, perdue, qui convoque des souvenirs, des œuvres, seule avec une présence bienveillante, silencieuse, qui évolue autour d’elle. Puisqu’elle est sur une table de dissection, c’est qu’elle est morte, on est au moment où sa vie passe devant ses yeux, enfin je crois.

Oui, c’est pas simple, et je vous avoue que mon oreille interne s’est par moments un peu perdue. Alors j’ai lâché prise, je n’ai plus essayé de comprendre, j’ai parfois cessé d’écouter les mots pour me laisser bercer par leur musique, je me suis laissé embarquer dans ce kaléidoscope psychédélique, jusqu’aux mots de la fin, souvenirs du jour des morts, « A qui pensez-vous ? Qui sont vos morts ? » qui m’ont ramené dans le réel.

Sur scène, il y a Céline Milliat-Baumgartner, presque immobile, qui dompte le monologue écrit par Tünde Deak, et Victoria Belen Martinez, danseuse acrobate, qui dompte la gravité, dans les deux sens du terme. Il y a le décor de Marc Lainé, qui donne toute sa profondeur à la pièce, lui apporte la beauté, la légèreté, un espace où évoluer.

A la fin de la pièce, je me suis éclipsé, le besoin de laisser décanter ses derniers mots.

Pour paraphraser certain petit garçon, je n’ai pas tout compris, mais c’était tellement beau que ça m’a embarqué du début à la fin.

Aux Plateaux Sauvages jusqu’au 29 mai 2021
Mardi-Vendredi : 19h00
Samedi 29/05 : 14h30 et 18h00

Texte et mise en scène : Tünde Deak
Avec : Victoria Belen Martinez, Céline Milliat-Baumgartner

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