La Trève

Des habitants de la tour Gendarme, un Centre d’Hébergement d’Urgence, viennent témoigner. C’est sincère, sans filtre. Ils méritent que vous repartiez avec le souvenir de leur histoire, ils méritent de repartir avec la chaleur de vos applaudissements. La Trève, au Théâtre de La Commune – Aubervilliers.

La scène est grande, et elle est vide, à l’exception de six chaises, ces chaises de collectivité, qu’on peut empiler. Le noir se fait, un dialogue est diffusé. On parle d’aménagement, la zone du Fort, elle dépend de l’Etat. Dans cette zone, les tours Gendarmes, c’est un CHU, Centre d’Hébergement d’Urgence. elles abritent des migrants, des personnes en difficulté, il va falloir les déplacer.

La Trève alterne les séquences filmées et le jeu, le spectateur reçoit des moments de vie, la vie des habitants de la tour. Des moments sans filtre, on rit, on sourit, on est touché, on pleure. Le spectateur reçoit ces vies pour lesquelles le drame, l’urgence, l’incertitude sont la norme. Il ressort avec ses émotions, il rentre chez lui. Est-il touché, ces gens ont une vie horrible ? Est-il rassuré, il y a des gens qui ont une vie pire que la sienne ? A-t-il bonne conscience, l’état s’en occupe, mais ils sont si nombreux ?

Si les acteurs était des professionnels, si les acteurs disaient une histoire tressée, on crierait au génie, à la façon dont l’auteur et le metteur en scène ont réussi à attraper l’émotion, l’urgence, on chipoterait sur la place importante des séquences filmées. Ce ne sont pas des acteurs, ce n’est pas une histoire tressée, c’est leur vie, leur personnalité. Ce n’est pas un documentaire, il manque la voix off qui mettrait en perspective.

La Trève, ce sont des témoignages. Des témoignages sincères, sans filtre, y compris l’intervention filmée du préfet, tout aussi atypique. J’en suis reparti avec le souvenir de ces femmes, de ces hommes, ceux qui étaient là, ceux qui était filmés, de la chaise restée vide.

Des témoignages qui méritent vos applaudissements, les applaudir, c’est aussi prendre soin d’eux.

Au Théâtre de La Commune – Aubervilliers – jusqu’au 25 septembre 2020
Mardi, mercredi, jeudi : 19h30 / Vendredi : 20h30 / Samedi : 18h00 / Dimanche : 16h00

Conception : Olivier Coulon-Jablonka, Sima Khatami, Alice Carré
Avec : Ferima Denie, Alioune, Pascal Fiel, Boualem, Faouzia Ndoy et la participation de Asan Shishev, Yasmina, Elizabeth, Yuerong Ni


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