Des fleurs pour Algernon

Très belle adaptation du roman de Daniel Keyes, Grégory Gadebois est superbe dans le rôle de Charlie, cet homme simple qu’une opération va rendre temporairement intelligent.

(c) Pascal Ito

Sur la scène, un dispositif métallique, un fauteuil de fer sur des rails, des rampes d’éclairage. Deux écrans noir et blanc, sur l’un on voit les silhouettes des spectateurs arriver, s’assoir, leurs vêtements sont transformés en blouses blanches.

Charlie arrive, il vient passer un test. C’est un homme simple, peu éduqué, un QI de 68. Il va être l’objet d’une expérience scientifique visant à améliorer son intelligence. L’opération a marché sur une la souris Algernon, elle marche sur Charlie, son intelligence devient supérieure. Il étudie, il apprend. Les langues, la physique. Il apprend à aimer, à être aimé. Jusqu’à ce que les effets secondaires apparaissent, que tout s’efface.

Je suis fan de ce spectacle, et de sa pureté.

Fan de l’adaptation de Gerald Sibleyras, qui se concentre sur l’essentiel, et l’essentiel c’est Charlie, Charlie raconte, il est touchant, humain. Il est comme une boule de billard, une fois lancée, son destin est tracé, il ne se révolte pas, ne va pas chercher l’apitoiement du spectateur. Il se bat, prend ce que la vie lui apporte.

Fan de la mise en scène d’Anne Kessler. Pas de grands mouvements venus d’on ne sait où, ici, juste de la pureté, de l’essentiel, elle se concentre sur le jeu.

Fan du je de Grégory Gadebois, statique sans être immobile, tout en nuances de regard, de posture, de geste, de voix. Une performance aussi impressionnante qu’émouvante.

C’est un spectacle d’une grande pureté. Pureté de l’âme de Charlie. Pureté de la mise en scène d’Anne Kessler, Charlie arrive, s’assied, repart. Pureté du jeu de Grégory Gadebois, qui livre une performance impressionnante. Il ne va pas chercher l’émotion du spectateur, il fait ressentir au spectateur l’émotion du personnage. C’est ça le théâtre.

Quand je lis un livre, je m’en crée les images, j’ai souvent du mal après avec les adaptations. Quand j’ai lu le livre de Daniel Keyes, je venais de voir Des Souris et des Hommes, la version de Robert Hossein, il jouait George, Claude Brosset jouait Lennie. Depuis, Charlie avait pour moi le visage du Lennie de Claude Brosset. Ce matin, la performance de Grégory Gadebois a rejoint mon imaginaire, je lui en suis reconnaissant.

La salle a très longuement applaudi, presque regretté qu’il ne revienne pas saluer encore une fois.

Au Théâtre du Petit Saint Martin jusqu’au 7 mars 2020
Du mardi au samedi : 21h00

Texte : Gérald Sibleyras d’après le livre de Daniel Keyes
Avec : Grégory Gadebois
Mise en scène : Anne Kessler, sociétaire de la Comédie Française

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