Melone Blu

Melone Blu donne une bonne synthèse de l’évolution économique / écologique des civilisations, dans la ligne des livres de Jared Diamond. Malgré son embonpoint et ses défauts, elle mérite d’être vue.

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Sur scène, une structure à base de palettes réutilisées, des cordes de chanvre.

Melone Blu est l’histoire d’une famille de pêcheurs de génération en génération, malgré leur cousinage avec l’homme politique local, leur monopole va disparaitre. Le père prend la mer, se perd, découvre une île sur laquelle pousse un melon bleu qui a toutes les qualités possibles. Il y installe sa famille, ils sont cueilleurs. La famille grandit, le besoin de ressources aussi, ils sont agriculteurs, ont besoin d’aide. Le melon bleu est une corne d’abondance, permet la mécanisation, ça tombe bien, il faut produire plus pour alimenter la main d’oeuvre, ils sont industriels, prennent des accords, font venir de la main d’oeuvre. Pour produire plus, mieux, plus vite, il faut du capital, ils sont financiers. Jusqu’au moment où les ressources de base sont épuisées. Là, c’est l’effondrement. Et le début d’un nouveau cycle.

Dans Melone Blu, il y a une bonne synthèse d’Effondrement, le livre de Jared Diamond. Cette partie là est bien faite, on suit l’évolution des causes, assez inéluctable, le hasard qui fait trouver une ressource, son exploitation en mode mineur, son épuisement, la découverte d’une ressource de substitution. Je me suis souvenu d’Edwin Drake, l’inventeur du forage pétrolier, à l’époque les lampes fonctionnaient à l’huile de baleine qui s’épuisait, en forant il a exploité une huile noire qu’il raffinait, en jetant ce déchet… qui servira bientôt de combustible au moteur à combustion interne, oui, celui qui équipe la majorité de nos voitures.

La pièce reste trop longue. En voulant traiter aussi des relations entre le monde politique et le monde économique, de la nécessité pour le politique de complaire à ses électeurs, de la complexité des liens familiaux, elle se perd dans des méandres, malgré l’énergie des acteurs, l’embonpoint de la mise en scène n’aide pas, en voulant en faire trop on perd souvent le rythme. En élaguant, en concentrant, Melone Blu se concentrerait sur sa cible, ça serait une très très chouette pièce..

Donnez-lui sa chance, allez la voir, malgré tous ses défauts, Melone Blu est une bonne initiation au mécanisme économique/écologique, oui, ce ne sont pas deux mécanismes liés, c’est un seul mécanisme. Inéluctable.

Au Théâtre 13 Seine jusqu’au 22 septembre 2019
Du mardi au samedi : 20h00 / dimanche : 16h00

Texte : Samuel Valensi
Avec : Brice Borg, Michel Derville, Paul-Eloi Forget, Valérie Moinet, Alexandre Molitor, Maxime Vervonck et Emmanuel Lemire en alternance avec François-Xavier Phan
Mise en scène : Samuel Valensi
Compagnie : La Poursuite du Bleu

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