1300 grammes

1300 grammes, un grand spectacle, un voyage au coeur du cerveau, un voyage intérieur, à voir au Théâtre 13

1300g

La pièce commence comme une conférence, une conférence sur le déni, le professeur Youri Lozek, docteur en Neurosciences, l’auteur de Welcome to your Fucking Brain demande à ceux qui ont faim, soif, besoin d’argent de lever la main, à ceux qui ont des graines, de l’eau, de l’argent à partager. Il nous invite à chercher les traces communes, identifier la personne qui nous connait le mieux, aller regarder la parcelle cachée qui nous fait du bien. Nous parle des différents cerveaux

Et puis voilà Camille, elle va mal. Doit faire une conférence sur la joie de vivre, n’y arrive pas. Une dame étrange, on dirait une SDF, les pieds nus et sales. Farid, l’agent de Camille, avec Julia sa compagne ils essayent d’adapter. Monsieur Grach, l’adjoint à la culture, il a organisé et présente la fameuse conférence.

Leurs histoires vont se dérouler, se croiser, sous nos yeux. La conférence continue, nous apprend énormément de choses sur nos 1300 grammes de cerveau, c’est un muscle élastique, pourquoi il se lasse, pourquoi sans lieu il n’y a pas de souvenir, comment tout souvenir est reconstruit. Camille évolue, cherche. Accompagne Youri le professeur dans l’exploration de son cerveau.

Jusqu’au moment où chacun sera capable de regarder le souvenir qui lui fait peur, la peur qui fait sentir mauvais, le moment dont il a honte. Jusqu’au moment où Camille sera assez solide pour être fragile.

Je suis sorti scotché de la représentation. 1300 grammes est un grand spectacle, de ces spectacles qui vous emmènent quelque part à l’intérieur de vous même, quelque part où vous n’avez pas forcément envie d’aller, qui vous montrent que vous pouvez y aller.

Les personnages, sur scène, font un voyage qui est écrit. Les spectateurs, dans la salle, avec leurs neurones miroirs, font un voyage, leur voyage intérieur.

J’ai admiré le texte de Léonore Confino, la mise en scène de Catherine Schaub, ces histoires qui se mèlent sans temps mort, comme les scènes d’un film, c’est dans l’air du temps, certes, c’est très bien fait, ça marche superbement. Ca, c’est pour la forme. Pour le fond, j’imagine le travail méticuleux qu’a nécessité l’écriture de 1 300 grammes.

J’ai apprécié la présence d’Edouard Demanche, sa guitare, sa batterie, son piano, il crée la musique qui suit le spectacle. La scénographie ? d’une efficacité diabolique.

La distribution est magnifique, typée, homogène, ils m’ont tous emmené dans leur voyage, et j’ai fait mon voyage avec eux. Avec forcément un coup de coeur pour Bénédicte Choisnet, qui est Camille, et un clin d’oeil pour Bruno Cadillon, qui apporte la touche d’humour élastique.

Quand la pièce prend fin, on applaudit. Calmement. Parce que si la pièce est finie, si les personnages vont quitter ceux qui les incarnent, le voyage intérieur du spectateur continue, pour lui ça n’est pas fini.

Au Théâtre 13 /Seine jusqu’au 3 mars 2019
Du mardi au samedi 20h00 – dimanche 14h00

Texte : Léonore Confino
Avec : Bruno Cadillon,  Bénédicte Choisnet, Yvon Martin, Denis Sebbah, Tessa Volkine,  Edouard Demanche
Mise en scène : Catherine Schaub
Scénographie et costumes : Anne Lezervant
Lumières : Thierry Morin
Vidéos : Mathias Delfau
Musique : Thomas Bellorini

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