Sanseverino – Hommage à François Béranger

L’émotion de Sanseverino a emporté (presque) tout le public de Clamecy ce samedi soir, dans son hommage à François Béranger, pour moi c’est ce qui fait un grand moment, quand l’émotion et les sentiments sont prégnants, quand ils l’emportent sur la technique.

Sanseverino a fixé la règle du jeu dès son entrée sur scène : il était là pour chanter des chansons de François (Béranger), et pas les siennes. Parce qu’il les aime. Parce qu’il l’aime. Il ne chantera que les chansons sublimes, laissant les magnifiques pour un autre jour, il y a celles qu’il connait bien, celles qu’il connait, celles qu’il connait un peu, mais l’essentiel dans la vie, c’est de faire ce dont on a envie, de vivre, alors vivons. On n’était déjà plus dans une salle de spectacle, on était dans son salon, dans sa loge à la fin d’un spectacle. Un de ces moments d’après spectacle, le public est parti, l’énergie est toujours là, quand l’artiste reprend sa guitare, dit « tiens, ça vous ferait plaisir si je vous chantais une ou deux chansons de François », et le moment dure, dure…

Pour… François Béranger était un des chanteurs symboles de l’après Mai 68, quand il y avait encore des communistes et des usines. Un chanteur autodidacte, tendre, libertaire. Qui chantait la vie quotidienne, la révolte, la liberté plus que l’amour. Un chanteur à la voix grave. Un chanteur un peu maudit, soutenu par un public fidèlement inaltérable.

Le premier disque de Sanseverino était un disque de François Béranger, il en a forcément usé les sillons (oui, avant Deezer et Spotify, on écoutait son disque en boucle, avant le CD on préférait la face A ou la face B). Et puis un jour il a volé le song book dans une librairie musicale, il nous le montre, c’est le même, il y tient.

On est dans la loge, Sanseverino prend sa guitare, il commence par Paris Lumière, un monument. Il continue. Change de guitare. Trébuche sur un accord, une parole reprend.

C’est ce qui fait le charme du moment, cette émotion tangible.

Tranches de vie ? la salle reprend le refrain, une fois, deux fois, trois fois. « J’en suis encore à m’demander, après tant et tant d’années, à quoi ça sert de vivre et tout, à quoi ça sert en bref d’être né ».

On mélange le début du deuxième couplet et la fin du troisième ? c’est juste l’occasion de reprendre. On ne met pas l’intonation dans « perdu » ? on reprend jusqu’à l’avoir.

Manifeste ? Sanseverino nous emmène dans son couplet préféré, celui que Baroudeur a préféré. « Rien de changé depuis qu’un jour j’ai pissé sur ma télé tellement c’était chouette, et bien sûr toute l’électricité m’est passée dans la quequette ». On le répète, encore et encore. Sauf qu’on chante « un soir », pas « un jour ». Alors on reprend, et on reprendra encore à la fin de la chanson.

Prévu pour durer une heure, le moment a duré une heure et demie.

Samedi soir, avec 500 personnes, j’ai passé un moment magique dans la loge de Sanseverino.

Un concert donné dans le cadre du festival Résistance Clamecy

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