La Dispute – Théâtre 13

En une phrase : Comment trancher la question de savoir qui de l’homme ou de
la femme, a été le premier infidèle en amour, une belle mise en scène dans
un dispositif scénique oppressant et inutilement coûteux.


La pièce est belle, bien jouée. Le parti pris, dans la seconde partie de la
pièce, de différencier l’archétype de comportement Nana/Mec de la
physiologie de naissance Homme/Femme (Dan Piraro a raison, ça devient
difficile d’exprimer les choses) ajoute à l’argument : les règles sociales
sont incapables de limiter la vie, l’anarchie du désir vaincra les
tentatives mortifères de le canaliser.

Les acteurs jouent juste, au milieu d’un plateau rond, est-ce une arène ou
un cirque, dans des couleurs fluos qui ne dépareraient pas les rayons d’un
Décathlon.

Autant j’ai aimé la pièce, et la façon dont elle est jouée, autant je suis
plus réservé sur le dispositif scénique. J’aime le théâtre 13 pour sa grande
scène, et ses rangées de gradins.

Pour La Dispute, les spectateurs sont assis en rond, sur de toutes petites
chaises inconfortables, dans des cellules minuscules et surchauffées,
derrière des glaces sans tain, la tête enserrée dans des casques. L’idée
était de s’assoir avec une inconnue, j’y ai échappé grace à Baroudeur, 7
ans. J’imagine assez mal avoir passé une heure à éviter de frôler une
inconnue, chacun retenant sa respiration pour s’éviter les effluves de la
transpiration de l’autre, et le tout sans communiquer à cause des casques
sur les oreilles. A la sortie, les commentaires tournaient plus autour de
l’inconfort que de la qualité du jeu.

Sur un autre plan, il y avait beaucoup de monde pour accueillir, beaucoup de
monde pour faire tourner le spectacle, le tout pour 56 spectateurs maximum
dans une salle qui peut en accueillir au moins 250.

Dieu sait que j’aime les petites salles, que j’ai vu des troupes donner
leurs tripes pour une salle clairsemée dont la recette ne couvrirait
manifestement pas le minimum garanti (en français courant : la troupe jouait
à perte et sans que les acteurs ne soient payés). Là, on était dans la
caricature de la culture qui coûte cher et est réservée à une élite. C’est
un peu dommage, la pièce dans cette mise en scène imaginative mérite d’être
vue.

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