
n degrés de liberté au théâtre de Belleville : un coup de cœur pour cette belle création du collectif In Itinere. La Commune vue comme un système chaotique à travers une succession de tableaux. Un travail exceptionnel, un spectacle bluffant d’une qualité rare.
Autour de la scène, des éléments d’échafaudage, un portant, un petit bureau. Projeté, Jour 72 Dernier Jour de la Commune. Au top, la troupe assemble une plateforme au milieu de la scène. Un mot de bienvenue de Thylda Barès, une intervention de Mahtab Mokhber, elle est iranienne, elle veut dire la révolution des femmes de son pays, que chaque femme qui montre ses cheveux entame une révolution, Femme, Vie, Liberté. Puis… Le Conseil de la Commune, considérant la colonne impériale…
n degrés de liberté se présente comme une pièce qui vient parler de la Commune, ces quelques semaines qui ont suivi la défaite de 1871, la fin du second Empire, la période qu’on s’arrange pour oublier, le trou noir de l’histoire telle qu’elle est enseignée dans les écoles, collèges, lycées. En faisant le parallèle entre deux systèmes chaotiques, le système social et le système météo. La Révolution vue comme une tempête ? Dit comme ça, c’est un truc pour intellos qui s’écharpent sur la petite bête ?
Pas du tout. n degré de liberté est un spectacle choral, physique, athlétique. Un travail de troupe exceptionnel, réglé au micron près. Une pièce qui transmet l’essentiel de son sens par la vue et non par l’ouïe. Comme un photo reporter, comme le JRI d’une chaine d’information continue le spectateur est au centre de l’action, il écoute, il sait ce qui se passe, surtout il voit l’image se construire, celle que la mémoire retiendra, qui sera reprise par les agences, qui figurera dans les livres d’histoire.
Sur scène, emmenés par Thylda Barès à la mise en scène, sur une très beau son de Lucas Pizzini, ils sont sept, cinq nationalités. Victor Barrère, Andrea Boeryd, Paul Colom, Manon Dumonceaux, Nathan Chouchana, Harry Kearton, Mahtab Mokhber, qui viennent raconter la Commune, l’illusion utopique d’une démocratie directe, chacun prendra la parole pour parler de son sujet majeur.
Je suis rarement fan des spectacles où la forme prend le pas sur le fond, et encore moins des trucs pour intellos qui se pignolent sur un détail, n degrés de liberté pourrait relever de ces deux catégories. Je me suis fait embarquer, par surprise, je suis sorti totalement bluffé par la qualité exceptionnelle du travail de la troupe, par la beauté pure du résultat auquel ils sont arrivés.
Vous pouvez aller voir n degrés de liberté parce que vous pensez que la mémoire collective n’accorde pas à la Commune la place qu’elle mérite. Parce que vous avez envie d’en savoir plus sur ces quelques semaines expédiées en deux lignes pendant vos études. Ou, simplement, parce que vous avez envie de voir un spectacle d’une beauté et d’une qualité rare.
Vous aussi, vous sortirez bluffés en leur tirant un grand coup de chapeau.
Au Théâtre de Belleville jusqu’au 26/11/24
Lundi : 21h15; mardi : 19h00; dimanche : 20h00
Durée : 1h20
Texte : Écriture collective – In Itinere Collectif
Mise en scène : Thylda Barès
Avec : Victor Barrère, Andrea Boeryd, Paul Colom, Manon Dumonceaux, Nathan Chouchana, Harry Kearton, Mahtab Mokhber
Compagnie : In Itinere Collectif
Visuel : Yves Trauger
Cette chronique a été publiée pour la première fois sur www.jenaiquunevie.com
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Une réflexion sur “n degrés de liberté : le poids des mots, le choc des photos”