
Quand viendra la vague au Théâtre de Belleville : Alice Zeniter souligne les travers d’une humanité centrée sur elle même, Florian Westerhoff en souligne les aspects oniriques. Une dystopie désespérante et bien faite, à voir.
Sur la scène, un abri de palettes et de tôle ondulée. Sur le toit, Mateo est allongé, il joue de la clarinette. A l’intérieur, Lætitia dort, dans un sac. On aperçoit une radio, un pulvérisateur, des pavés. Dans un coin de la salle, un bassiste envoie des sons, des vibrations, quelques notes. Lætitia ? Læti ? Læti ?
On est au sommet du Monte Cinto, le point culminant de la Corse, 2 706 mètres, le réchauffement climatique s’est déjà produit. Lætitia et Mateo n’ont pas de contact avec le reste du monde, quelques bribes de nouvelles, par la radio. Une vague avance, ils attendent. Et s’interrogent. Faire un enfant, ou pas ? Les animaux vont-ils devenir bipèdes pour survivre ? Si un groupe de personnes arrive dans leur espace en réduction, faut-il être généreux et accueillir tout le monde, mais alors le monde actuel se reproduirait, ou faut-il éliminer les égoïstes pour idéaliser le monde d’après.
Loin des cris d’alerte qu’on voit régulièrement sur scène, le texte d’Alice Zeniter s’attaque à la question de fond, l’humanité doit-elle se perpétuer. Dans leur arche immobile, Laetitia et Mateo sont moins accueillants que Noé. Eux, ce qui reste de leur confort, et pour le reste, qui vivra verra… Il y a autant d’espoir dans Quand viendra la vague que chez Beckett.
Si la dystopie d’Alice Zeniter appuie là où ça fait mal, la mise en scène de Florian Westerhoff souligne l’aspect poétique, onirique du texte, aidée par le clair obscur des belles lumières de Vincent Lefèvre. Marianne Thiery est Lætitia, Damien Prévot est Mateo, engagés et convaincants.
Avec Quand viendra la vague, Alice Zeniter souligne les travers d’une humanité centrée sur elle même, incapable de voir plus loin ou plus tard. Florian Westerhoff s’est emparé de ce texte dystopique pour en souligner la poésie onirique. Une dystopie sans espoir et bien fait, à voir.
Au Théâtre de Belleville jusqu’au 29/10/24
Lundi : 19h15; mardi : 21h15; dimanche : 17h00
Durée : 1h00
Texte : Alice Zeniter
Mise en scène : Florian Westerhoff
Avec : Marianne Thiery, Damien Prévot, Florian Westerhoff; Musicien : Alex Leboeuf ou Ely Checkh Athié
Compagnie : Crèvecœur Théâtre
Visuel : Rodolphe Haustraete
Cette chronique a été publiée pour la première fois sur www.jenaiquunevie.com
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