Des Ombres et des Armes – Manufacture des Abbesses : l’antiterrorisme entre éthique, humanité et moralité. Passionnant et puissant, mais quelles longueurs

Des Ombres et des Armes à La Manufacture des Abbesses : un groupe de la DGSI a une journée pour empêcher un attentat. L’un d’entre eux va dériver. Un cas d’éthique pratique passionnant et prenant, qu’on verra malgré les longueurs de la deuxième heure.

La scène est dans l’ombre, on aperçoit juste une paire de sneakers à l’avant. On entend des extraits de JT. J’ai envie de prendre mon flingue et de de tirer dessus.

On est chez Katia, la patronne d’un groupe de la DGSI, l’amante de Niels, un de ses collaborateurs. La nuit ne s’est pas bien passée. La tension est forte, Bourramane, terroriste notoire, serait à portée. On est chez Sofiane, revenu de Syrie. Soraya, sa sœur, habite chez lui, et il héberge Nourr, un de ses amis. Bourramane arrive. Nourr est un flic du groupe de Katia, il est tombé amoureux de Soraya. La journée sera chaotique, jusqu’à ce que ce qui reste du groupe de Katia soit face au cadavre de Bourramane.

L’éthique. Les principes qui fondent l’action. Le dilemme du tramway. Jusqu’où est-il légitime d’aller pour empêcher l’attentat qui doit se produire ce soir. Des Ombres et des Armes raconte une telle journée. La dérive de Niels, pour qui tout est légitime. Les combats de Katia, personnels et professionnels. Sur leur chemin, Sofiane, Soraya. Abdel, lui aussi revenu de Syrie, qui mènerait une vie apaisée, taqîya ou pas ?

Je suis sorti avec un sentiment partagé.

Le texte de Yann Reuzeau est puissant et fort. Il explore les personnalités de Katia, de Nourr, d’Abdel, leurs histoires, leurs cultures, leurs ambiguïtés avec une finesse et une justesse convaincantes. C’est le choc de la réalité, le moment où on commence à s’assoir sur le manuel d’éthique et de déontologie pour ne plus être face qu’à ses principes moraux, à son histoire, à son environnement personnel. A ses propres valeurs. C’est un torrent rythmé par les rebondissements et les dévoilements successifs.

Puis il bascule dans des méandres et des circonvolutions autour des états d’âmes de ses personnages. Là, ça dure, c’est long, et lent. Quand on croit que c’est fini, il y a encore une scène qui vient s’étirer. La pièce dure deux heures, elle gagnerait à s’alléger de quelques personnages et de 40-45 minutes.

Des Ombres et des Armes est un beau travail d’une troupe habitée par son projet. Dans la distribution inégale, on retiendra le travail de Melki Izzouzi, Nourr impressionnant, de Gabriel Valadon et Matěj Hofmann qui interprètent chacun plusieurs personnages. On savourera également la scénographie de Goury, et les lumières d’Elsa Revol

Des Ombres et des Armes n’est pas une réflexion théorique sur l’éthique. C’est un cas pratique passionnant et prenant. Des hommes et des femmes face à la réalité. Avec le défaut des lenteurs et des longueurs de la deuxième heure.

L’avis de P’tit Bonhomme : durant la première heure et quart, ça faisait longtemps que je n’étais pas rentré dans une pièce comme ça. Les dernières 45 minutes cassent vraiment tout, c’est vraiment dommage

A La Manufacture des Abbesses jusqu’au 14/04/24
Jeudi, vendredi, samedi : 21h00; dimanche : 17h00
Durée : 2h00

Texte : Yann Reuzeau
Avec : Charif Ethan Al Ramlat, Aurélie Cuvelier Favier, Matěj Hofmann, Melki Izzouzi, Loïc Risser, Gabriel Valadon, Sophie Vonlanthen
Mise en scène : Yann Reuzeau

Visuel : Olivier Thévin

Cette chronique a été publiée pour la première fois sur www.jenaiquunevie.com

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