
Les Consolantes au théâtre de l’Etoile du Nord et au Théâtre 13 : Pauline Susini raconte les hommes et les femmes qui se réparent comme ils peuvent pendant que l’histoire collective écrit la mémoire des attentats du 13 novembre 2015
La scène est recouverte de bâches en plastique, celles que les peintres utilisent. Le sol, le fond, une table de conférence, ce qui pourrait être un tabouret. Le dispositif est trifrontal, quelques spectateurs sont assiss sur la scène. Nicolas Giret-Famin apporte un tabouret, un micro. Il nous en a fallu du temps avant de pouvoir nous retrouver ensemble au bon endroit au bon moment… On est peut-être dans la salle du tribunal en cours de construction.
Pauline Susini a écrit Les Consolantes sur la base d’éléments très personnels confiés par ceux qui ont vécu les attentats du 13 novembre 2015. Les victimes, les proches, ceux qui étaient là. Le Bataclan, les terrasses des restaurant. L’assaut du 18 novembre à St Denis, aussi. Des éléments de mémoire. Interprétés, présentés, sans être commentés.
Comme la salle du tribunal qui laissait apparentes les colonnes du Palais de Justice, le texte est d’abord très symbolique, très écrit, qui laisse au spectateur un sas avant de rentrer dans un intime où ne règne aucune justice. Une suite de moments très humains, de décisions. De présences, d’absences. Le texte est devenu parole.
Ce n’est pas du théâtre documentaire, pas de voix off ou de panneau pour dire qui est qui, au spectateur de comprendre la situation individuelle, le rythme est suffisamment lent pour cela. Il n’y a pas non plus d’apitoiement, Pauline Susini réussit à conserver un regard extérieur qui raconte sans emporter le spectateur dans le pathos. Elle raconte les histoires individuelles derrière l’histoire collective. Elle raconte comment l’institution sait être impersonnelle. Elle raconte les choix. Elle raconte les mots qui manquent, les mots qui masquent. A certains moments, elle m’a perdu.
Sur scène, Noémie Develay-Ressiguier, Sébastien Desjours, Sol Espèche et Nicolas Giret-Famin conservent leurs prénoms, peut-être un repère essentiel quand ils apportent leur part d’humanité à ces personnages désorientés.
Il est difficile de se laisser embarquer sans sortir désorienté de ce spectacle dur qui par moment diverge. Comment peut-il en être autrement, si vous avez un once d’humanité
Attention : certaines scènes comportent des lumières vives et clignotantes, et des sons sourds très forts qui peuvent vous mettre physiquement mal à l’aise.
A l’Etoile du Nord jusqu’au 26/01/24
Mercredi, Jeudi, Vendredi : 20h00
Au Théâtre 13 (Bibliothèque) du 30/01/24 au 09/02/24
Du lundi au vendredi : 20h00; samedi : 18h00
Durée : 1h40
Texte : Pauline Susini
Avec : Noémie Develay-Ressiguier, Sébastien Desjours, Sol Espèche, Nicolas Giret-Famin
Mise en scène : Pauline Susini
Visuel : Christophe Raynaud de Lage
Cette chronique a été publiée pour la première fois sur www.jenaiquunevie.com
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