
L’Aquoiboniste à la Scène Libre : Bertrand Skol, impressionnant sur le texte de Jean-Benoît Patricot. Un homme déclaré mort remonte par amour les traces d’un passé qui semble l’avoir oublié. Un homme face à deux peurs primales : la mort, la mer. Magnifique.
Sur la scène, sur un matelas vertical, Olivier Bécaille est couché, paisible. Oh, c’est si bon. Je sens la brise fraîche sur mon visage.
Lundi matin, il prendra son nouveau poste. Pour l’instant, il savoure son dernier samedi dans un demi sommeil. Il pense à Anaïs, sa femme, son amour d’enfance, à Guérande, dont ils sont originaires. Il va profiter de sa journée. Sauf qu’il n’arrive pas à bouger. La peur de mourir l’envahit, Anaïs appelle le médecin. Voilà Olivier Bécaille est emporté dans un cercueil, il se retrouve sur une table d’autopsie. Plus tard, il est sur une table d’autopsie, il arrive à bouger. Plus tard encore, il remonte les traces d’un passé qui semble l’avoir oublié, retourne à Guérande, affronte la mer, son autre peur.
La mort, la mer. Deux peurs primales, instinctives. Jean-Benoît Patricot met Olivier Bécaille face aux deux. Mélancolique, presque fataliste, il bascule et trouve la force de revenir des morts pour retrouver Anaïs, sa femme, la seule lumière dans son univers. Un texte au cordeau, une mise en scène épurée.
Sur scène, Bertrand Skol est impressionnant. Son jeu est intense et précis, il emporte le public dans un torrent d’émotions successives. La joie, le plaisir, le désir. La peur, l’angoisse. La mélancolie, la colère, la hargne. Il alterne fluidité et tension avec une immense précision. C’est un magnifique travail d’acteur.
Un homme décalé, une histoire qu’on relirait autrement quand on en connait l’aboutissement. Un épisode de The Twilight Zone qui aurait été écrit par Night M. Shyamalan. L’Aquoiboniste est un spectacle de grande qualité que vous verrez en confiance. Dont les émotions auront besoin d’un long moment pour s’amortir. La salle comble ne s’y trompe pas, qui salue la performance par de longs applaudissements.
A La Scène Libre jusqu’au 24/03/24
Jeudi, vendredi, samedi : 21h00; dimanche : 19h00
Durée : 1h10
Texte : Jean-Benoît Patricot
Avec : Bertrand Skol
Mise en scène : Jean-Benoît Patricot
Compagnie : Les Volkanik
Visuel : DR
Cette chronique a été publiée pour la première fois sur www.jenaiquunevie.com
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