Un chapeau de paille d’Italie – Lucernaire : esprit potache ou gesticulation ridicule, c’est vous qui voyez

Un chapeau de paille d’Italie au Lucernaire : Emmanuel Besnault et Benoît Gruel font du vaudeville de Labiche une gesticulation régressive et potache. Vous aimerez, en bande ou en famille. Ou vous pincerez les lèvres. Il n’y a pas de milieu.

La scène est tendue de draps. Sur la scène, quatre matelas, des coussins, des peluches de belle taille. Un homme sommeille, un ours immense entre les bras. Woouuooohh. Je ne sais pas. Voilà quatre créatures. Un bonnet de bain blanc sur la tête, un oreiller percé en guise de gilet. Qui dansent. En poussant des petits cris. On croirait voir et entendre les Teletubbies. L’homme sommeille à nouveau. Quelle aventure. Figurez-vous que je suis parti ce matin à huit heures de Charentonneau.

Ca vous parait étrange ? C’est pas fini.

La pièce de Labiche est bien là. Un vaudeville sympathique, qui enfile les quiproquos et les rebondissements. Le cheval de Fadinard a croqué un chapeau de paille le matin de son mariage, le voilà qui emmène la noce avec lui pour trouver un remplacement et sauver la réputation d’une inconnue. On croise une modiste qui se trouve être son ancienne conquête, une femme infidèle, un cocu ridicule, une belle mère acariâtre. Tout est là.

Dans une mise en scène qui ne déparerait pas un de ces spectacles de fin d’année d’école primaire dont on se moque à gorge déployée quand on les voit au cinéma, juste avant la séquence émotion.

Eh ben ça marche. Sur la moitié de la salle, celle qui ne trouve pas ça ridicule certes, mais ça marche. Sans vulgarité. Et quand il faut faire voler les peluches, ou s’agiter sur Brise du Soir, cette moitié suit. Les enfants sortent enchantés.

Si vous voulez savourer un fin vaudeville mis en scène avec délicatesse, vous pincerez la bouche. Si vous ne manquez pas les Bronzés ou Le Père Noël à chacun de leurs repassages, vous retrouverez l’esprit potache qui y régne. C’est vrai, ils gesticulent comme des enfants, c’est un peu (beaucoup) n’importe quoi. Un n’importe quoi qui a finalement la capacité assez rare de faire rire au delà du cercle des copains.

C’est un peu régressif ? totalement. Comme des marshmallows grillés. On aime, ou on n’aime pas. Et quand on aime, en on prend tant qu’il en reste dans le sac. Et, comme les marshmallows grillés, ce n’est pas un plaisir solitaire ou de couple, ça n’est bon que si on n’est en famille ou en bande.

Il y a des ados dans votre univers ? Emmenez-les, avec la litanie de leurs copains. Ils se demanderont où ils sont tombés pendant cinq minutes, ils vous remercieront à la fin.

Au Lucernaire jusqu’au 17/03/24
Du mardi au samedi : 19h00; dimanche : 16h00
Durée : 1h15

Texte : Eugène Labiche
Avec : Guillaume Collignon, Victor Duez, Sarah Fuentes, Mélanie Le Duc, Emmanuel Besnault
Mise en scène : Emmanuel Besnault, Benoît Gruel

Visuel : Mathias Bourdelier

Cette chronique a été publiée pour la première fois sur www.jenaiquunevie.com

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3 réflexions sur “Un chapeau de paille d’Italie – Lucernaire : esprit potache ou gesticulation ridicule, c’est vous qui voyez

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