
Toutes leurs robes noires au théâtre Dunois : un théâtre d’ombre, un voyage onirique à la découverte du royaume de la nuit. Un beau conte de Claudine Galéa, mis en scène par Antoine Hespel, finement joué par Baptiste Mayoraz et Najda Bourgeois, qui guide le spectateur dans l’apprivoisement de sa noirceur personnelle.
Sur la scène, dans un carré blanc, une structure porte une toile, entre maison et tente. Dans l’ombre, une contrebasse, un violon. L’enfant est dans son lit. Sa mère est allongée à côté. Raconte moi l’histoire…
Quelle histoire ? Pas celle de la princesse, pas celle du bucheron. L’histoire qui est là. L’histoire qui attend dans le noir. L’histoire noire, l’histoire de la nuit. La mère va raconter l’histoire, l’enfant va s’enfoncer dans la nuit, sur la robe noire des chevaux. Pour le temps d’un tour du monde, le temps d’une nuit, le temps d’une vie. Sous les yeux de sa mère, l’amour voit dans la nuit.
Le texte de Claudine Galéa revient aux fondamentaux de ce qui fait l’humain, le conte, la toute première façon de conserver la mémoire des choses, les bonnes et les moins bonnes. Dans ce texte, on peut voir beaucoup de choses. Un enfant qui s’enfonce dans la nuit, au premier degré s’endort, c’est son âme qu’il faut rassurer. Au second degré… c’est l’âme de sa mère qui a besoin de se rassurer, d’ancrer la certitude que dans la nuit, l’amour voit encore. Au moment où on évolue entre deux univers, où tout bascule.
Un narrateur, un enfant, sa mère, la nuit. Plus tard viendra le père, du monde extérieur. Baptiste Mayoraz et Najda Bourgeois porteront tour à tour l’enfant et le narrateur. Il sera la nuit noire, elle sera la mère. Ils sont solides, convaincants, tous les deux, dans une très jolie mise en scène d’Antoine Hespel, qui crée un univers onirique, sur les méloopées hypnotiques jouées au plateau par Baptiste Mayoraz. Un univers en forme de théâtre d’ombres, où la lumière est le pinceau de la nuit.
Un spectacle tout en douceur pour un propos pas si doux, qui emportera les petits et les grands, chaque âge a sa noirceur à apprivoiser.
Au théâtre Dunois jusqu’au 09/12/23
Séances tous public : mercredi 15h00; samedi 17h00
Scolaires : mardi, mercredi, vendredi : 10h00; lundi, jeudi : 10h00, 14h30
Durée : 0h45
Texte : Claudine Galéa
Avec : Baptiste Mayoraz, Najda Bourgeois
Mise en scène : Antoine Hespel
Visuel : Alban Van Wassenhove
Cette chronique a été publiée pour la première fois sur www.jenaiquunevie.com
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