
Olympe de Gouges, plus vivante que jamais au Lucernaire : Céline Monsarrat raconte avec talent la vie de celle dont la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne traçait la route des féministes pour plusieurs siècles.
Sur la scène, un paravent, une table d’écriture, une chaise. Espèce de brute ! Si je suis hors la loi, je ne suis pas, hors de l’humanité ! Une grille grince, une serrure claque.
Olympe de Gouges est enfermée à La Conciergerie, son sort est tracé, procès, exécution. Avec Fabien, son gardien, un soldat qui a perdu son bras à Valmy, elle revoit son histoire, écrit la dernière page de sa légende.
Suivant la plume alerte de Joëlle Fossier-Auguste et la mise en scène méticuleuse de Pascal Vitiello, Céline Monsarrat nous emmène avec ampleur sur les traces d’Olympe de Gouges. Nous voilà à Montauban, elle n’est encore que Marie Gouze, fille d’un boucher, ou fruit de la liaison de sa mère avec le marquis de Pompignan. Mariée à 17 ans, mère à 18, veuve à 19, la voilà à Paris, courtisane et cocotte, puis célibataire active. Elle fréquente les salons, les grands hommes, trouve un protecteur fortuné. Elle écrit, sa pièce Zamore et Mirza fait scandale à la Comédie Française. Voilà la Révolution, la femme de lettres use de la liberté de la presse, de la liberté d’expression pour prendre position contre l’esclavage, pour les droits des femmes. Voilà le temps du procès, elle connait tous ses juges. Elle laisse à la postérité sa Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, véritable marche à suivre pour les féministes des siècles suivants.
La pièce est didactique, les professeurs de français ou d’histoire y emmèneront en confiance leurs élèves. Elle est surtout puissante. Dans un très joli costume de Corrine Pagé, Céline Monsarrat porte avec talent le monologue de son personnage, sans être écrasée par le poids de l’histoire ou du message.
Au Lucernaire jusqu’au 08/10/23
Du mardi au samedi : 19h00; dimanche : 15h30
Durée : 1h05
Texte : Joëlle Fossier-Auguste
Avec : Céline Monsarrat
Mise en scène : Pascal Vitiello
Visuel : François Crépin
Cette chronique a été publiée pour la première fois sur www.jenaiquunevie.com
2 réflexions sur “Olympe de Gouges, plus vivante que jamais au Lucernaire”