Les Diaboliques – Poche Montparnasse : personne n’est innocent. Coup de Cœur

Les Diaboliques au Poche Montparnasse : un coup de cœur pour cette pièce magistrale de Christophe Barbier (mes Nicolas Briançon) qui vous coupera le souffle. Qui est le plus diabolique, de celui qui est emporté par son désir animal ou du témoin silencieux qui laisse faire ?

Sur la scène, quatre chaises dorées, un grand miroir en pied et sans tain. Une femme, trois hommes, en pack. Je m’indigne, monsieur le juge. Toute mon âme se révolte…

Christophe Barbier imagine Barbey d’Aurevilly face à la justice. Le livre a été retiré de la vente, faut-il condamner l’auteur ? Barbey d’Aurevilly explique, détaille quatre histoires, édifiantes forcément. Il les présente comme des histoires vraies, dont il a reçu témoignage de première main. S’il les raconte, c’est par altruisme, pour susciter l’horreur devant ces comportements. C’est bien pour ça qu’il les détaille.

Quatre histoires charnelles, animales. Quatre hommes et quatre femmes emportés par leur désir, par un destin qui leur échappe. Sans qu’aucune grâce ne les sauve, sans qu’aucun témoin ne s’interpose, c’est là la principale ambiguïté du recueil de Barbey d’Aurevilly.

La mise en scène de Nicolas Briançon est simple, naturelle, avec une direction d’acteur méticuleuse qu’on sent ultra précise. Le texte rebondit d’un comédien à l’autre avec fluidité, c’est un vrai plaisir de le suivre, ponctué de quelques sorties qui détendent le spectateur.

Sur scène, Magali Lange, trois fois femme fatale, Hauteclaire Stassin, Duchesse de Sierra-Leone, jeune Alberte. Entourée de Gabriel Le Doze, Krystoff Fluder et Reynold de Guenyvea. Une distribution solide, un très beau travail de troupe, on les suit en savourant tant leur plaisir à être sur scène, à jouer ces personnages maléfiques est tangible, dans de beaux costumes noirs de Miche Dussarat.

J’avoue avoir pris un pied intégral à assister à la représentation. Je me suis laissé embarquer par les mots, porter par le texte. J’ai savouré l’interprétation, été sensible aux intentions, à la finesse du jeu, au détail de la direction. Si Christophe Barbier est parti du texte de Barbey d’Aurevilly, sa langue est très actuelle, sans les lourdeurs du XIXe siècle. Il décrit quatre couples d’amants maléfiques qui ne se dissimulent pas totalement, leurs destins s’écrivent devant des témoins qui se taisent. Qui pourraient s’opposer et qui laissent faire. Quel est leur ressort ? Ces témoins silencieux devenant victimes ne sont-ils pas les vrais diaboliques ?

La salle n’était pas comble. C’est dommage. Un texte passionnant, une mise en scène simple naturelle, un jeu épuré superbement porté par quatre comédiens qui partagent avec le public leur plaisir d’être sur scène. Quatre histoires pour interroger vos valeurs.

Au Théâtre de Poche Montparnasse jusqu’au 10/03/24
Du mardi au samedi : 21h00; dimanche : 17h00
Durée : 1h25

Texte : Christophe Barbier d’après Jules Barbey d’Aurevilly
Avec : Gabriel Le Doze, Magali Lange, Krystoff Fluder, Reynold de Guenyvea
Mise en scène : Nicolas Briançon

Visuel : DR

Cette chronique a été publiée pour la première fois sur www.jenaiquunevie.com

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