Le Sas – Théâtre de Nesle – festival 7.8.9

Le Sas au Théâtre de Nesle : au bout de seize ans, une femme va sortir de prison. Pendant sa dernière nuit, nouée d’angoisses, sans une pensée pour ce qui l’a précédée, elle revit sa vie en prison.

Sur la scène, une femme est couchée sur un lit, à côté d’une table, d’une chaise, d’un sac. Qu’est-ce que c’est ce télégramme, j’ai dit à l’éducatrice. La veille de sortir, ça fout un coup.

Plus tard on connaitra le texte de ce télégramme, qui annonce à la femme la mort de sa mère, qu’elle a reçu avec l’angoisse de voir sa conditionnelle annulée. Mère décédée hier, obsèques demain. Il y a le détail qui manquait à Meursault, sans les salutations.

Demain, elle sera libérée, au bout de seize ans de prison. Elle n’a pas pris de calmant, et pendant sa dernière nuit, les angoisses et les souvenirs se mêlent.

Passons sur le texte qui tire parfois sur le pathos et l’ampoulé. Sur la mise en scène qui en fait trop, conduit Juliette Bridier à surjouer. On trouve dans le Sas la description d’une peine en prison, un monde inhumain dans lequel la vie, l’humain, trouve un chemin. On y trouve le détail de l’organisation d’une prison, le détail du pécule. Ce qu’on n’y trouve pas, c’est la trace d’une réflexion, d’un remord.

Victor Hugo avait écrit Le Dernier Jour d’un Condamné comme un plaidoyer contre la peine de mort. Le Sas, c’est la dernière nuit d’une libérée. Ni Victor Hugo ni Michel Azama ne nous diront quel est l’acte commis. Ici, on sait juste qu’il implique un fusil, deux balles dans le cœur, l’espoir d’un acquittement possible. Comme si sa vie avait commencé au moment de son procès, la femme n’y pense pas plus que ça, il n’y a pas de remords, pas de réflexion dans l’insomnie de sa dernière nuit.

C’est cette absence qui rend Le Sas intéressant. A mon grand dam, je sais qu’au delà de la punition d’un acte commis, l’objectif du système pénitentiaire est de remettre dans le système quelqu’un qui a pris conscience de ce qu’il a fait, qui pourra trouver sa place. Pour cette femme, ce n’est manifestement pas le cas. Alors… on fait comment ?

A Théâtre de Nesle dans le cadre du festival 7.8.9
Vendredi 08/09 – 19h00; Dimanche 17/09 – 16h00
Durée : 1h25

Texte : Michel Azama
Avec : Juliette Bridier
Mise en scène : Guy Calice

Visuel : DR

Cette chronique a été publiée pour la première fois sur http://www.jenaiquunevie.com

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