
La Vie Interdite à l’Oriflamme (20h15) : Christian Mulot adapte le livre de Didier van Cauwelaert, la vision caustique d’un homme qui vient de mourir et découvre la réalité de sa vie à travers les réactions de son entourage.
Sur la scène, Jacques Lormeau peint, sur un grand chevalet. Derrière lui, une structure métallique, très sombre. Dans sa caravane, il peint Naïla, sa maitresse. Fusèle ses jambes. Ils s’endorment. Plus tard, son cœur s’arrête. Je suis mort à sept heures. du matin. Il est huit heures vingt huit, et personne ne s’en est rendu compte.
Ni sa femme, déjà en train de turbiner dans leur quincaillerie d’Aix les Bains, ni Naïla, dans les bras de laquelle il repose. Il est hors de son corps, il observe, il erre. Dans ses souvenirs, dans les pensées des autres. Pendant ce temps là, les choses se déroulent, testament, obsèques, sort des objets personnels. Avec lui, on croise sa femme, sa maitresse, son fils, ses parents, le notaire, les amis. Jusqu’à ce qu’il trouve son destin.
La vie interdite est un livre de Didier van Cauwelaert écrit en 1997. Un livre plein d’humour et de tendresse, dont aucun personnage ne sort vraiment grandi, où les rancœurs et les mesquineries règnent. L’adaptation de Christian Mulot met l’accent sur le côté comique, peut-être pour éviter le piège du pathos. Jacques Lormeau pourrait bougonner, il découvre la vacuité de son existence passée, presque étonné d’avoir été hors de sa propre vie comme maintenant il est hors de son corps. Jacques Lormeau se voyait Jean Gabin, il était Jean Carmet, cantonné aux seconds rôles.
A l’arrivée, un seul en scène caustique, la mort d’un anti-héros, où le rire prend le pas sur la tendresse et l’émotion.
NB : lors de la représentation à laquelle j’ai assisté, l’éclairage violent et éblouissant pouvait poser problème aux spectateurs sensibles aux éclairs lumineux
Avignon 2023 : Théâtre de l’Oriflamme, 20h15
Durée : 1h10
Texte : Didier van Cauwelaert adapté par Christian Mulot
Avec : Christian Mulot
Mise en scène : Séverine Vincent
Visuel : Léo Rodella
Cette chronique a été publiée pour la première fois sur www.jenaiquunevie.com
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