
Le Conte d’Hiver à La Flèche : une version à quatre comédiens de la pièce de Shakespeare proposée par Fitzgerald Berthon qui s’appuie sur palettes très différentes de Juliette Dutent et Guillaume Geoffroy. C’est encore un peu frais, un peu de lâcher prise et ils vous emporteront.
Sur la scène, un tapis, entouré de quatre chaises et quatre tabourets, couverts d’accessoires. On aperçoit des chapeaux, des manteaux, une lanterne, des poupées… Après une rapide présentation… Neuf changements de l’astre humide ont été vus par le berger…
Le Conte d’Hiver est une des dernières pièces de Shakespeare, on y trouve un roi rendu fou par la jalousie, un bébé abandonné, une reine exécutée, un prince qui incarne un berger pour le cœur d’une bergère, un roi qui se déguise en musicien, un serviteur fidèle, un voleur… et une statue pour nous réchauffer l’âme.
Au plateau, ils sont quatre pour interpréter cette galerie de personnages, dans une mise en scène enlevée de Fitzgerald Berthon. Après un premier acte inégal, la mécanique est en place, et le spectateur peut se laisser emporter par cette tragi-comédie où leur parti pris met l’accent sur la partie tragique des premiers actes plus que sur les péripéties écrites par un grand Shakespeare pour les suivants.
J’ai savouré la palette de Juliette Dutent, sa finesse et ses nuances, du début à la fin de la pièce. Les deux rois, Léonte et Polyxène, sont interprétés par Fitzgerald Berthon, à la rondeur pateline, et Guillaume Geoffroy, dont la folie est contagieuse et les grognements terrifiants. La distribution est complétée par Gaëlle Ménard, en retrait sur des personnages plus secondaires.
Le Conte d’Hiver et les possibilités que la pièce offre au metteur en scène fait partie des quelques pièces que j’irai toujours voir, et je suis sensible aux Shakespeare adaptés pour une distribution réduite qui savent faire la part à la musique au plateau. Le Conte d’Hiver par l’Embellie Turquoise est une version bien réglée, encore un peu fraiche, à laquelle il ne manque pas grand chose, peut-être un peu de lâcher prise, pour totalement emporter son public.
Au Théâtre La Flèche jusqu’au 07/03/25
Vendredi : 21h00
Durée : 1h35
Texte : William Shakespeare (adaptation)
Mise en scène : Fitzgerald Berthon – collaboration artistique : Gaëlle Ménard
Avec : Fitzgerald Berthon, Juliette Dutent, Guillaume Geoffroy, Gaëlle Ménard (en alt : Anne Knosp)
Compagnie : L’Embellie Turquoise
Visuel : Gaëlle Ménard
Cette chronique a été publiée pour la première fois sur www.jenaiquunevie.com
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