La Chute de la Maison Usher : Baptiste Deschamps réussit à porter l’horreur au théâtre, c’est rare

La Chute de la Maison Usher au théâtre Darius Milhaud : Un coup de chapeau à cette création de Baptiste Deschamps, librement inspirée d’Edgar Allan Poe, qui réussit à porter l’horreur au théâtre. Sur scène, Laurine Mével est lumineuse et bluffante, entourée de Jordane Hess et Louis Astier.

Au fond de la scène, Roderick Usher est assis, il peint. Derrière lui, un autre tableau, un miroir fêlé. Dans la fumée, on distingue un bureau à tiroirs, sur lequel sont posés des chandeliers, une carafe, deux verres. Un fauteuil téléphone. On entend le tonnerre, des cris d’oiseaux. Des coups sur la porte. Je sais qu’il y a quelqu’un. J’ai aperçu la lumière à travers la fenêtre…

Pressé par le temps, William Huxley a pris un raccourci qui passait devant la maison Usher, de sinistre réputation locale, l’orage a coupé la route, il demande asile pour la nuit dans cette demeure où vivent deux jumeaux aux sens hypersensibles, frère et sœur, derniers représentants d’une lignée sanguinaire. Quand il rencontrera Madeline, William apprendra le secret qui unit les jumeaux, il tentera de la faire échapper à son destin. Sans succès.

Pour sa première mise en scène, Baptiste Deschamps s’attaque à l’horreur, le genre le plus difficile à monter au théâtre, de plus capés s’y sont essayés sans succès. Entré curieux dans la salle, j’ai été agréablement surpris par la qualité de La Chute de la Maison Usher. Il s’est inspiré de la nouvelle d’Edgar Allan Poe, en a gardé l’ambiance, les personnages, lui a donné un autre équilibre. Son parti pris est cohérent, il se tient, sa mise en scène est efficace. Il s’appuie sur de belles lumières d’Alexandre Levasseur, et, sauf pendant quelques minutes à la fin, il évite le piège du guignol.

Sur scène, Jordane Hess est un solide Roderick Usher au teint pâle, d’abord installé dans une pompe formelle et menaçante qui se désagrège au fil du spectacle. William Huxley est joué par Louis Astier qui lui donne l’énergie d’un ludion utopiste et amoureux. J’ai surtout été bluffé par Laurine Mével dont chacune des interventions est impressionnante. Loin de la Madeline mutique écrite par Poe, elle porte les morceaux de bravoure du spectacle, dès son entrée en scène elle prend la lumière, elle les délivre avec une conviction hypnotique qui accroche l’attention du public et la met au service du texte.

Un coup de chapeau à Baptiste Deschamps et à toute l’équipe de La Chute de la Maison Usher pour cette création de qualité, qui mérite que vous fassiez l’effort d’aller au Théâtre Darius Milhaud pour la découvrir.

Au théâtre Darius Milhaud jusqu’au 26/11/24
Mardi : 19h00
Durée : 1h10

Texte : Baptiste Deschamps (librement inspiré de la nouvelle d’Edgar Allan Poe)
Mise en scène : Baptiste Deschamps
Avec : Louis Astier, Jordane Hess, Laurine Mével
Compagnie : L’Orée Noire

Visuel : Martin de Galembert

Cette chronique a été publiée pour la première fois sur www.jenaiquunevie.com

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