ADN : un thriller efficace et convaincant, une bonne idée de sortie pour la période des fêtes (et au delà)

ADN au Théâtre Michel : Sébastien Azzopardi met en scène un texte de Caroline Ami et Flavie Péan. Un homme pris au piège de la génétique remonte l’histoire sur trois générations. C’est bien fait, on passe un bon moment, on sort en souriant. Une bonne idée de sortie pour les fêtes.

Sur la scène, des panneaux gris, mobiles, sur lesquels sont d’abord projetés les vitraux d’une église. Musique gospel, Qui va nous sauver… une séquence immersive, qui se termine par l’arrestation de Tomas Miller. Retour en arrière, dans la chambre d’une maternité, les pleurs d’un bébé. Non, s’il te plait, ne pleure pas…

Marty a peu de jours, il se remet d’une jaunisse. Karen et Tomas, ses parents, sont convoqués dans le bureau de Georgia Brown, médecin réputé tout juste élue maire de la ville. Marty est né d’une FIV, tout s’est bien passé, elle peut garantir que c’est bien le sperme de Tomas qui a été utilisé… mais les tests démontrent que Tomas est l’oncle de Marty, pas son père. Tomas qui n’as pas de frère. Tomas est pris dans une tornade d’interrogations. Il y a cette nuit dont Karen n’a aucun souvenir. Il y a sa mère, qui hésite à parler. Le lendemain, elle est assassinée. Accompagné de Dan, son ami d’enfance, Tomas va mener l’enquête, remonter le temps, dévoiler des vérités successives.

C’est parti sur les chapeaux de roues, pour une heure trois quart d’un bon spectacle cool, avec ses rebondissements, ses indices bien visibles, ses fausses pistes, ses personnages typés. Inclusivité conformiste, running gags, grosses ficelles aussi, la loi du genre . Mis en scène avec agilité par Sébastien Azzopardi, le texte de Caroline Ami et Flavie Péan fonctionne bien. Panneaux mobiles, quatrième mur dynamité, décors sans chichis et changements de costumes rapides, on passe sans transition d’un espace à un autre, d’un temps à un autre. Avec une mention spéciale pour l’utilisation faite des panneaux mobiles et de la vidéo, parfois réaliste, parfois dessinée. Au cours de son enquête, Tomas comprendra comment la place des femmes dans la société s’est améliorée en trois générations, il s’interrogera sur ce qu’est la paternité, sur l’impact transgénérationnel des secrets de famille… et le spectateur avec lui. On passera sur la baisse de rythme au milieu de la pièce et l’explication scientifiquement bancale, c’est du thriller-boulevard, pas de la vulgarisation.

Sur scène, Benoit Facerias et Anne Plantey sont Tomas et Karen, entourés de Alexandre Guilbaud, Valérie Even, Judith D’Aleazzo et Eric Pucheu, ils sont tous agiles, ils multiplient les rôles et les changements de costumes. Ils sont convaincants, équilibrés, se soutiennent les uns les autres.

Après la savoureuse Dame Blanche, le sanguinolent Chapitre XIII et l’hypnotique Cendrillon, Sébastien Azzopardi poursuit son exploration du domaine du thriller, un genre pas si fréquent. C’est enlevé, convaincant et efficace, on passe un bon moment, on sort séduit, en ayant passé un moment cool. Ça tombe bien, c’est pour ça qu’on est venus. La pièce mérite le succès public pour laquelle est est calibrée.

Au Théâtre Michel à partir du 03/10/24
Du mardi au vendredi : 21h00; samedi : 16h30 et 21h00
Durée : 1h45

Texte : Caroline Ami, Flavie Péan
Mise en scène : Sébastien Azzopardi
Avec : Benoit Facerias, Anne Plantey, Alexandre Guilbaud, Valérie Even, Judith D’Aleazzo, Eric Pucheu

Visuel : marmon

Cette chronique a été publiée pour la première fois sur www.jenaiquunevie.com

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