
La Joie à La Reine Blanche : Olivier Ruidavet, mis en scène par Tristan Robin, porte la leçon de vie de Charles Pépin. Tout en finesse et en nuances, il nous invite à voir et apprécier la joie de l’instant présent, sans remords ni angoisses. Sans se laisser piéger ni par l’espoir d’un absolu, ni par la résignation. Fin, fort, nuancé, à savourer.
Sur la scène, deux toiles blanches, l’angle d’un mur. Le public s’installe, Olivier Ruidavet, sourire doux, attend. Une guitare, Solaro se met à danser, le regard… intrigué. Je n’ai pas beaucoup dormi. Mais il y a ce bonheur dans mes muscles qui me tient compagnie…
Solaro vit dans l’instant. Sans remords du passé, sans angoisses du futur, il savoure le présent. Comme Meursault, le héros de L’étranger de Camus, il va croiser à deux reprises un groupe de petites frappes, tirer sur l’une d’elles la deuxième fois, passer devant le tribunal, attendre en prison. Comme Meursault, il accepte les choses. Ce n’est pas de l’ennui, ce n’est pas du détachement ni de l’indifférence, il n’aura pas de colère. C’est de l’attention. Solaro est attentif au positif qu’il y a en chaque instant de la vie. Acceptation heureuse dira l’avocat général dans une mauvaise caricature. Solaro ne connait pas l’espoir, l’espoir est un poison qui nous empêche d’aimer ce qui est là, il entreprend, apprend, il ne connait pas non plus le fatalisme ni la résignation.
Olivier Ruidavet a adapté le livre de Charles Pépin, et en donne toutes les nuances sur scène, finement guidé par la mise en scène de Tristan Robin. Nuances dans la voix, dans les gestes, dans les regards.
Je n’avais pas lu le livre de Charles Pépin en entrant dans la salle. J’ai eu le plaisir de découvrir en même temps le parcours de Solaro, si parallèle à celui de Meursault, si différent. L’interprétation d’Olivier Ruidavet. La leçon de vie de Charles Pépin. Il y a peut-être quelque part un bonheur aussi absolu qu’inatteignable, il y a partout et à chaque instant de quoi éprouver de la joie. La force de la vie, celle qui fait pousser une herbe dans la fissure d’un trottoir. Sans illusion ni résignation, sans idéalisme ni fatalisme?
La Joie est une invitation à enlever les œillères du bonheur absolu, à percevoir les joies qu’on croise à chaque instant, à les savourer. Un texte aussi fin que fort, magnifiquement servi par l’interprétation toute en nuances d’Olivier Ruidavet.
A La Reine Blanche jusqu’au 12/10/24
Mardi, jeudi, samedi : horaires variables
Durée : 1h15
Texte : Charles Pépin adapté par Olivier Ruidavet
Mise en scène : Tristan Robin
Avec : Olivier Ruidavet
Compagnie : Compagnie Internationale
Visuel : DR
Cette chronique a été publiée pour la première fois sur www.jenaiquunevie.com
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