
Un Songe d’Ernest Cucchero : l’intrigue de Mathieu Buscatto fonctionne, son jeu intérieur contracte avec les émotions de Chloé Renaud, une pop culture intemporelle. Une pièce efficace, calibrée pour la tournée, qui fonctionne dans tous les environnements, scolaires compris.
Sur la scène, devant un panneau représentant Van Gogh, un bureau haut. Un téléphone 70’s, une machine à écrire 30’s. Une pile de ces livres qu’on laisse trainer sur sa table basse, ou qu’on expose dans ses étagères plutôt qu’on ne les lit. Une jeune femme attend, robe 50’s, l’ennui songeur. Un homme arrive. Ah. Je veux voir le directeur du musée. Bonjour Monsieur…
Il conteste l’artisticité du peintre exposé, il ne verra pas le conservateur, petit à petit ils vont se confier. Dans une réalité parallèle, celle du rêve d’un auteur dont les pièces ne sont plus jouées, qui attend l’étudiante qui, de façon surprenante, veut faire de son œuvre le sujet de son master. Là encore, les réalités vont se succéder.
Une intrigue pas trop attendue, deux comédiens de deux générations différentes, un vocabulaire accessible, de multiples références à la pop culture, l’ouverture de sujets d’étude à défaut de réflexion, un dispositif scénique imaginatif sans être compliqué. Un Songe d’Ernest Cucchero est une pièce efficace et sans prétention, calibrée pour la tournée des villes où les grosses machines ne vont pas, des salles qui ne sont pas forcément des théâtres permanents. Elle va chercher ceux pour qui le théâtre est une occasion annuelle, et se met à leur portée. On y trouve également de quoi alimenter le travail de l’enseignant quand elle se jouera en scolaire. Elle fait un job particulier, et elle le fait bien.
J’ai apprécié les circonvolutions du texte de Mathieu Buscatto, le contraste entre son jeu intérieur et la palette d’émotions de celui de de Chloé Renaud, les détails de la mise en scène de Carine Montag.
Plus qu’aux spectateurs, cette chronique s’adresse à ceux qui animent la politique culturelle de leur ville : vous pouvez faire venir Un Songe d’Ernest Cucchero en confiance. Une ou deux scolaires (pour collège et lycée), une ou deux représentation en soirée, peut-être une matinale. Il y a la matière pour vos différents publics, le texte tient la route, chaque génération y trouvera ses marques.
Théâtre des Corps Saints, 13h20
Durée : 1h10
Texte : Mathieu Buscatto
Mise en scène : Carine Montag
Avec : Chloé Renaud, Mathieu Buscatto
Visuel : DR
Cette chronique a été publiée pour la première fois sur www.jenaiquunevie.com
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