Toutes les choses géniales, un spectacle rafraichissant et cathartique au Lavoir Moderne Parisien

Toutes les choses géniales au Lavoir Moderne Parisien : un spectacle rafraichissant et cathartique, Laurence Gray est une petite fille qui se construit malgré la chape d’une mère suicidaire à qui elle n’arrive pas à redonner le goût de la vie.

Sur la scène, des cartons blancs empilés, un tourne disque, quelques disques en vinyle, une chaise, blanche aussi. Alors, j’ai donné des cartons numérotés…

Ça ressemble à un briefing, c’est un briefing, et c’est le début du spectacle. On est en 1987, le 9 novembre. La petite fille a sept ans, sa mère vient de tenter de se suicider. Pour qu’elle ne recommence pas, la petite fille écrit la liste de tout ce qui est génial à vivre. Pendant le spectacle, on va suivre ces deux fils, les tentatives de suicide de la mère, la petite fille qui se construit avec ce poids sur les épaules. Une mère suicidaire, une liste de choses géniales. On croise aussi un père, un vieux chien, un fiancé timide, une chaussette. La liste fera 8 pages, 314 items. Au fil de la vie de la petite fille, la liste grandira, deviendra un projet de vie. Sans jamais retenir l’attention de la mère. 1.000… 777 777…

J’avoue avoir été désarçonné par la forme du spectacle, voulue ainsi par Duncan Macmillan, transposé pour le public français par Bénédicte Bailby et Laurence Gray. Il s’appuie sur la participation active du public, une forme qu’on trouve plutôt dans l’impro, la magie ou le rire. Ce qui lui permet de raconter sans pathos la construction de cette petite fille entre un père taiseux, une mère au centre de la vie de laquelle elle n’est pas, un mari timide. Sur scène, Laurence Gray déploie une énergie phénoménale. Elle est spontanée, on la sent habitée par le sujet, par le projet, elle le porte à bout de bras.

Le spectacle est rafraichissant et cathartique. Il ne traite pas du suicide, il parle de joies de vivre, de la façon dont une petite fille s’est construite malgré le modèle qu’elle avait sous les yeux. J’en suis sorti avec des sentiments entremélangés dont il reste surtout une immense empathie pour ce personnage séduisant et pétillant.

Pour qu’il marche, pour porter Laurence Gray, il faut un public fourni. Allez-y plutôt avec votre bande d’amis.

Au Lavoir Moderne Parisien jusqu’au 01/10/23
Du mercredi au samedi : 19h00; dimanche : 15h00
Durée : 1h10

Texte : Duncan Macmillan avec la collaboration de Jonny Donahoe traduit par Ronan Mancec
Avec : Laurence Gray
Mise en scène : Bénédicte Bailby et Laurence Gray

Visuel :

Cette chronique a été publiée pour la première fois sur www.jenaiquunevie.com

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