Gargantua – Poche Montparnasse

Gargantua au Poche Montparnasse : Pierre-Olivier Mornas, la trogne réjouie et l’œil brillant, pour un moment un peu hors du temps à entendre les grands moments et les morceaux de bravoure du texte de Rabelais. Allez-y, c’est bien.

Sur la scène, un manteau, style oriental, des piles de livres, des petits soldats, un tableau. Pierre-Olivier Mornas entre, vêtu comme un clerc. La substantifique moelle. Mes amis, qui avez lus les derniers livres de notre invention…

L’entrée en matière de Pierre-Olivier Mornas s’inspire de l’adresse aux lecteurs, qui précède le prologue, dont il dira quelques mots également, le peu de moelle de l’os, bien supérieur pour le chien au beaucoup d’autres choses. Plus tard, il dira les grands moments du livre, la naissance de Gargantua, son éducation, son voyage à Paris, les guerres picrocholines, la fondation de l’Abbaye de Thélème

Je l’ai entendu avec le plaisir que j’aurais eu à entendre un ami lettré qui, après quelques verres, se laisse aller, sous l’amicale pression de ses amis, à dire ces textes qu’il aime tant. Il parle, la trogne réjouie, l’œil brillant, sa passion est contagieuse, alors on l’écoute avec plaisir.

Dans les grands moments, et dans les morceaux de bravoure, les énumérations (ah, la façon dont Gargantua se torche, ou les jeux qui occupent sa journée). Il est tour à tour Gargantua, Grangousier, Ponocrates… Il conclue sur la devise inscrite au fronton de l’Abbaye de Thélème (Fais ce que voudras) sans oublier de rappeler l’essentiel, le rire est le propre de l’homme.

On savoure la truculence de la langue, l’esprit français, paillard, cru. Et l’irrévérence de Rabelais envers toute autorité, politique ou religieuse ? le choix des passages l’effleure parfois, sans s’y attarder, on savoure la langue et l’histoire plus que les idées.

On passe un bon moment, on apprécie de retrouver des textes un peu perdus dans les limbes de sa mémoire (si on a la chance que son prof de français vous emmène au Poche, on les découvre en réalisant à quel point ils sont vivants).

Allez-y, c’est bien.

Au Théâtre Poche Montparnasse jusqu’au 29/10/23
Du mardi au samedi : 19h00; dimanche : 15h00
Durée : 1h10

Texte : François Rabelais
Adapté et interprété par : Pierre-Olivier Mornas
Mise en scène : Anne Bourgeois

Visuel : DR

Cette chronique a été publiée pour la première fois sur www.jenaiquunevie.com

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