Paranoid Paul (You stupid little dreamer)- Les Plateaux Sauvages

Paranoid Paul (You stupid little dreamer)- Les Plateaux Sauvages : on ne peut sortir intact de cette plongée dans le monde des ados qui démonte la mécanique d’un harcèlement. Une distribution rafraîchissante autour de Mathieu Lescop, artiste complet et d’une présence impressionnante.

Au fond de la scène, un mur peint, couleurs fluos. Deux bancs. Cinq ados sont assis, un sixième arrive. Il est malade… Tu parles, moi je sais bien… Tu sais quoi ? Je sais bien ce que je sais.

Ils sont un groupe, une bande, la bande de Gregg. Dans le sillage de Gregg, le groupe s’est acharné contre Paul, et Paul a fait quelque chose qu’ils ne comprennent pas, qu’ils ne savent pas. Est-ce qu’ils essayent de comprendre ? ils remontent le temps, l’école primaire, quand Paul et Gregg ne s’entendaient pas si mal que ça, le Mardi Gras où les choses ont commencé. Le collège, le lycée. Ils se moquent, de Paul, de sa mère. Une mère absente, juste joignable au téléphone. Paul qui ne vient pas au lycée. Pour certains les choses allaient trop loin, pour d’autres ce n’était pas grave, et puis Paul était fragile mentalement. Paul qui voulait juste qu’ils l’oublient. Et puis les choses basculent.

Au centre du texte de Simon Diard, il y a Paul. Paul qu’on ne voit pas, Paul qui n’est pas là. Comme une silhouette découpée au centre d’une feuille de carton, comme une ombre, son absence devient une présence tangible. Simon Diard démonte petit à petit le mécanisme qui va conduire un des enfants à harceler l’autre, l’importance de l’image dans la vie de ces ados. L’enfant solitaire, le chef de bande, l’effet de groupe. La bande de Gregg tiendrait-elle si elle n’avait pas un souffre douleur sur lequel s’acharner ?

Luc Cerutti place ces ados au pied d’un mur peint. Des ados qui se cherchent, qui cherchent leur place, les chambres des appartements sont devenues trop petites, ils n’ont ni l’âge ni les moyens de fréquenter les boites, les bars, les restaurants, ils pratiquent le sport en spectateurs occasionnels. Des ados qui traînent, qui prennent pour cible celui qui parait être le plus faible.

La distribution est centrée sur Mathieu Lescop, dont la présence est impressionnante, qui donne un Gregg ténébreux. Un artiste complet, qui chante sur le plateau, en particulier une version très sombre de Dreamer (Supertramp). Face à lui, Etienne Thomas, est un Paul très solide dans sa fragilité. Autour de lui, Shannen Athiaro-Vidal, Amandine Doistau, Alice Jalleau, Anthony Martine, Adil Mekki, Delphine Ory de jeunes acteurs, dont certains sont encore en formation à l’ESCA, c’est rafraîchissant de voir mûrir de jeunes futurs talents potentiels.

Une pièce dont on ne sort pas intact.

Aux Plateaux Sauvages jusqu’au 2 avril 2022
Du lundi au vendredi : 20h00 – samedi : 17h00
En tournée :
– 05/04/22 : Théâtre de Chelles
– 08 & 10/10/22 : MAIF Social Club
– 02/12/22 : L’Avant Seine – Théâtre de Colombes
– (dates à confirmer) : La Filature – Scène Nationale de Mulhouse

Texte : Simon Diard
Avec : Shannen Athiaro-Vidal, Amandine Doistau, Alice Jalleau, Mathieu Lescop, Anthony Martine, Adil Mekki, Delphine Ory, Étienne Thomas
Mise en scène : Luc Cerutti
Compagnie Zone Franche

Visuel : Pauline Le Goff

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