L’Équation

Un spectacle anthropomorphique dans lequel on apprend des tas de choses sur l’évolution, la cosmologie, la formation de l’univers, la matière, à voir avec un esprit critique.

Equation

Un homme monte sur scène, considère l’assistance. Longuement. Raconte qu’il est originaire de Côte d’Ivoire, comment il a été capturé, blessé de deux balles, séparé de ses amis, mis dans une cage, une cage étriquée dans une soute dans un bateau sur la mer, des enfermements emboités comme des poupées russes, pour en sortir, juste en sortir, pas retrouver sa liberté, apprendre à boire de la vodka, parler, devenir un singe savant qui croisera Albert Einstein, Stephen Hawking…

Il est savant, il remonte l’arbre de l’évolution, croise l’anémone de mer, avise le premier être vivant à avoir une bouche… remonte jusqu’au Big Bang, l’instant où tout est enfermé en un point. Quelques évocations au passage ? Nous avons la mer en nous, dans notre sang dont la composition est celle de la mer primordiale, dans notre respiration dont le rythme est celui des vagues. Les cycles d’expansion / contraction de l’univers. L’horizon du trou noir.

L’ingénieur en moi a été intéressé par l’ambition de la pièce. Parler en une heure, d’une façon qui tient l’attention de plusieurs classes, de l’évolution, de cosmologie, de création du monde, il faut le faire. Ca commence doucement avec le Rapport pour une Académie de Kafka – je me demandais un peu comment l’atome annoncé allait arriver. Là, chapeau.

L’ingénieur en moi a aussi entendu des choses qui l’ont fait bondir (la vitesse des galaxies), des raccourcis qui l’ont laissé dubitatif (photon et gravité), un anthropomorphisme des sentiments de l’atome qui l’a fait sourire. Quand un professeur peut passer derrière pour rectifier la valeur, corriger le point de vue, c’est l’occasion d’un dialogue.

Le spectacle est globalement bien fait, on y apprend (ou revoit) des tas de trucs, il mérite une passe de réglages sur un ensemble de choses qui ne sont pas très graves, qui sont gênantes. Un exemple non scientifique ? dans la première scène, la vidéo projette une horloge murale à balancier, le son diffuse un tic tac, le rythme du son n’est pas le rythme du balancement. C’est un détail ? oui. Mais quand on l’a remarqué, il devient obsédant et empêche de se laisser emporter.

Au Théâtre La Reine Blanche jusqu’au 28 avril 2019
Du mercredi au samedi : 20h45 / dimanche : 15h00

De : Fabio Alessandrini
Avec : Fabio Alessandrini
Mise en scène : Fabio Alessandrini

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s