Pigeon superstition : un sfumato de la conscience, au délicat reflet de nos perceptions.

Pigeon superstition, au festival wip magic : une expérience artistico-scientifique malmenant subtilement notre liberté de penser, conçu et interprété par David Tholander, à découvrir et à vivre. L’artiste nous invite au coeur de l’expérience scientifique, inspiré par celle du comportementaliste B. Frederic Skinner, et se faisant, nous convoque à l’endroit de notre libre arbitre.

Devant nous un espace d’expérimentation dans lequel évolue un homme pénétré par sa recherche. Nous entrons dans son laboratoire ouvert. Ce scientifique poursuit une recherche sur des pigeons qu’il observe avec constance dans certains de leurs comportements et notamment, celui de taper sur un bouton avec leur bec pour obtenir une récompense alimentaire.

Dans une atmosphère de volière expérimentale, portée par une ambiance sonore réaliste, nous suivons l’étude des comportements d’un pigeon en particulier, qui n’est pas sans rappeler l’étude comportementale portée par le « plus important des psychologues du vingtième siècle ». Peu à peu nous observons le mécanisme du conditionnement s’emparer de cet animal que notre imaginaire devine aisément. Mais celui-ce s’échappe, laissant le scientifique en proie au doute, transformant l’espace scénique en un sfumato de la conscience au délicat reflet de nos perceptions. Notre regard, perdu entre vide et imaginaire, fini par lâcher la persistance rétinienne pourvoyeuse de preuve pour nous laisser ouvert.es à des compréhensions plus intimes, abandonnant la raison au profit d’une prise de conscience quelque peu libératrice.

David Tholander nous livre ici une expérience des plus désarçonnante en notre for intérieur. En effet c’est dans la plus grande intimité que chacun.e d’entre nous se retrouve troublé.e, passant du plus neutre des observateur.trices. au « pigeon » d’un système numérique nous conditionnant toujours un peu plus. L’artiste, silencieux, convoque ici nos perceptions, jouant du trouble visuel et sensoriel que le courant artistique de la magie nouvelle permet. Il propose un tableau final visuel et époustouflant de poésie, touchant à son comble dans une image irréelle et surréaliste.

J’ai aimé le délicat et subtil écho intérieur entre l’observation, l’imaginaire et la prise de conscience opérante à la fin de la performance de David Tholander. L’infini poésie de l’eau, l’irréel et le silence mêlés à la prise de conscience sont jubilatoires et valent le détour, propulsant définitivement cette performance dans l’inclassable notoire. Un artiste à suivre !

Angèle Lemort

A La Villette – Pavillon Villette 30 avenue Corentin Cariou 75019 Paris.

Vendredi 7 février 2025 à 20h, samedi 8 février 2025 à 18h. 

Les prochaines dates sur : https://www.labelsaison.com

Durée : 50 minutes

Conception & écriture: 

David Tholander, Lisbeth Burian, C.S. Sørensen et Léna Rondé

Interprétation: David Tholander

Co-production: Collectif Krumple, Fantom et Dynamo Workspace

Visuel : Raphael Frisenvænge Solholm

Cette chronique a été publiée pour la première fois sur http://www.jenaiquunevie.com

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