Nageuse de l’Extrême d’Élise Vigier : aller au delà de ses limites, revenir, partager.

Nageuse de l’Extrême au Théâtre Ouvert : Élise Vigier met en parallèle l’histoire de deux femmes, l’une nage dans l’eau glacée, l’autre se bat contre le cancer. Elle dit le sentiment partagé de ceux qui sont revenus d’au delà de leurs limites. Sur scène, simples et justes, Léna Bokobza-Brunet et Élise Vigier

Les spectateurs sont assis autour de la scène, sur trois côtés, autour d’un sol blanc sur lequel sont tracées des lignes, grise, orange, bleue, de ces lignes qui vous guident dans les hôpitaux. Des blocs blancs, des grands, des plus petits. Léna Bokobza-Brunet arrive du fond de la scène, doudoune blanche, bonnet de bain. Enlève la doudoune, elle est en maillot. Le jour de la traversée de la Manche, je pars…

La Nageuse de l’Extrême, c’est Marion Joffle. Une fois graissée, elle saute dans l’eau. Le son du beep, elle nage. De l’Angleterre à la France. Plus tard, la douleur l’emplit, la hanche. Plus tard encore, la douleur s’estompe, elle retrouve son rythme. Plus tard encore, elle accoste, se relève, elle doit le faire seule. Un cri, un beep, elle a réussi.

Il y a aussi une femme, assise, dans la salle d’attente d’un hôpital, pour voir un médecin. Tous ceux, toutes celles qui attendent sont accompagnés. De leur angoisse et de celui/celle qui est là. C’est important d’être deux, celui reçoit risque d’oublier.

Les deux femmes se croisent, se rencontrent, se racontent. Marion Joffle nage contre le cancer, sept Ice Mile (1 609 mètres dans une eau à moins de 5°, juste un maillot de bain) sur sept continents. Elles racontent comment elles sont allées au delà de la limite de leurs corps, elles racontent leurs énergies féroces de vivre, elles se sourient, elles connaissent le vrai plaisir d’être vivantes. Elles partagent la sensation que partagent les survivants, ce regard échangé qui dit « je sais, tu sais… ».

Nageuse de l’Extrême, c’est le texte et la mise en scène d’Élise Vigier, très précis, des énumérations, des répétitions, qui transmettent un sentiment de douleur, d’étouffement, d’asphyxie. C’est le jeu de Léna Bokobza-Brunet et d’Élise Vigier, aussi simple que juste. La justesse de Nageuse de l’Extrême, c’est d’aller au delà des combats, au delà du cri. De montrer ce monde qui n’est accessible qu’à ceux qui sont revenus d’au delà de leurs limites.

Au Théâtre Ouvert jusqu’au 28/09/24
Lundi, mardi, mercredi : 19h30; jeudi, vendredi : 20h30; samedi : 18h00
Durée : 1h05

Texte : Élise Vigier à partir des récits de Marion Joffle
Mise en scène : Élise Vigier
Avec : Léna Bokobza-Brunet, Élise Vigier
Compagnie : Les Lucioles

Visuel : Christophe Raynaud de Lage

Cette chronique a été publiée pour la première fois sur www.jenaiquunevie.com

Pour suivre au mieux toutes nos actualités, vous pouvez nous suivre sur TikTok, Youtube, Instagram, X, Threads, la chaine WhatsApp

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.