La victoire en chantant

Un album de souvenirs, des textes et des chansons qui racontent les deux guerres mondiales.

Victoire

Sur scène, des sacs en toile de jute, l’uniforme d’un poilu est accroché à une cimaise.

La troupe de Raymond Acquaviva passe en revue les deux guerres mondiales à travers des textes et des chansons, les textes et les chansons écrits et chantés à l’époque. Une succession de tableaux joués, chantés, dansés, qui montrent l’ambiance de l’époque, du départ enthousiaste la fleur au fusil à la boue des tranchées, du départ vers la ligne Siegfried à la réalité des camps, pour finir sur la joie de la libération.

Le spectacle est bien fait. La mise en scène est cohérente, les chorégraphies bien réglées, c’est bien joué, bien chanté. Je comprends l’intention. Il n’y a quasiment plus personne pour raconter son souvenir de la première guerre mondiale, les rangs de ceux qui ont personnellement vécu la seconde s’éclaircissent. La victoire en chantant est un moyen de transmettre ces souvenirs, un album de moments comme il existe des albums de photos.

C’est mon bémol. Quand on feuillète un album de photos avec son propriétaire, on prend un axe, on s’attarde sur certaines qu’on commente, on passe sur d’autres. Là, c’est linéaire, on regarde tout, sans fil conducteur, sans recul. J’ai la chance d’avoir reçu des souvenirs personnels des deux guerres mondiales, de m’intéresser un peu à l’histoire, de pouvoir remettre en perspective (presque) tous les moments évoqués. Le spectacle est long, il dure deux heures. Si j’avais emmené un de mes enfants, il se serait vite lassé, ou aurait eu besoin de commentaires permanents, impossibles à faire dans la salle, difficiles à faire a posteriori.

Je vois bien le travail qu’un transmetteur (professeur d’histoire, animateur d’association…) peut faire avec une version enregistrée du spectacle, il y trouvera un outil fantastique et bien fait, il se concentrera sur certaines séquences, les annoncera, les commentera. En mode vivant, j’ai peur que les smartphones ne se rallument, que les gigotements et chuchotements ne fourmillent.

J’écris ces chroniques en ayant en tête le profil de la personne dont j’aimerais qu’elle aille voir le spectacle… là, je ne sais pas. Pour une fois, je la lance comme une bouteille à la mer.

Si vous vous interrogez sur la qualité de ce spectacle, si vous avez envie d’aller le voir mais vous demandez si c’est bien fait, si ça ne tombe pas dans le pathos : allez-y, c’est bien fait, bien réglé, ce que vous cherchez y est.

Au Théâtre 13 (jardin) jusqu’au 16 juin 2019
du mardi au samedi : 20h00 / dimanche : 16h00

Création collective dirigée par : Raymond Acquaviva
Avec : Pierre Boulben, Louise Corcelette, Benoit Facerias, Philippine Martinot, Quentin Morant, Fabio Riche, Lani Sogoyou, Josephine Thoby
A l’accordéon : Aude Giuliano, Guy Giuliano ou Laurent Derache.

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