Tant qu’il y aura des coquelicots dans les champs de blé – Tremplin Théâtre

Un homme est assis confortablement, il lit goulument. Il va nous ramener à ses dix ans, au moment où Mademoiselle Mansart, institutrice remplaçante, va lui apprendre la lecture, celle où on s’interroge, celle où les mots nous entrainent sur le toboggan des émotions. C’est au Tremplin Théâtre que j’ai vu cette pièce positive, savoureuse. Une pièce naturelle, pour tous, pour tous ceux qui ont l’esprit ouvert, pour ceux qui ont juste besoin d’un instant positif.

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A la Vaca Mariposa – Tremplin Théâtre

La vaca Mariposa, c’est la vache papillon, ainsi nommée à cause des taches sur son pelage, parce que les paysans vénézuéliens donnent à leurs vaches des noms poétiques, parce qu’ils chantent leurs vaches pour faire passer le temps, des petites chansons improvisées sur ce qui se passe, ce qu’ils voient. Sur la vie qui passe, la vie c’est séduire, aimer, ne plus être aimé, mourir.

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J’ai vécu le spectacle comme un papillon, j’étais ce papillon qui vole doucement dans le vent, qui se promène dans la plaine, tiens un troupeau avec son gardien à pied, en voilà un autre à cheval avec sa harpe sur le dos, et me voilà en ville.

Emmanuelle Saby chante le Venezuela, accompagnée de Cristobal Soto et ses cordes magiques (guettez ses doigts dans l’effet stroboscopique de l’éclairage), Marius Pibarot et ses cordes plus longues et plus graves.

Ils chantent, et racontent le Venezuela, le papillon explore, découvre, apprend. Que la plaine de l’Orénoque est grande et plate (avec une petite rivière tous les cinquante kilomètres), les vaches n’ont pas besoin de cloches, pour les trouver il suffit de lever la tête. Qu’à Caracas il y a une place où voisinent un hôtel spécialisé dans les rencontres furtives, une pharmacie, et un funérarium, vivre, souffrir, mourir, tout est dit. Que le cuatro n’est PAS une petite guitare à quatre cordes, que d’ailleurs il ressemble fort à l’instrument que les espagnols ont apporté avec eux au quinzième siècle, dont descend la guitare bodybuildée. Que la harpe des vachers est petite et légère, pour être portée sur le dos du cavalier (et non ce n’est pas un bateau qui passe).

De belles chansons, de belles anecdotes, mon papillon voletait, découvrant avec plaisir un Venezuela humain, romantique et attachant, que ce n’est pas seulement « … fait partie des pays ayant le plus fort taux de criminalité au monde, les conditions de sécurité continuent de s’y dégrader rapidement », que c’est un pays avec des gens qui y vivent, que la musique accompagne leur vie.

La (petite) salle du Tremplin Théâtre,  pleine à craquer, a longuement applaudi les artistes, et moi aussi.

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La guerre en temps de paix – Tremplin Théâtre

En une phrase : une femme rencontre un homme, elle l’aime, il rentre dans une relation par inertie.

Est-ce une guerre entre les deux personnages ? chacun mène sa bataille, à son rythme, sans agresser l’autre frontalement, sans imposer, sans s’imposer.

Un superbe texte d’Adriano Vianello, auteur vénitien sur la relation entre cet homme et cette femme, dans lequel des spectateurs présents s’est – au moins un peu – retrouvé. Sans sombrer dans le mélodrame ni dans la comédie de boulevard, Silvana Gasparini et Enrico Marassi racontent l’histoire, leur vécu de l’histoire, sans se parler l’un à l’autre. Ils parlent d’eux, de l’autre, de l’écart entre eux, de la façon dont cet écart évolue.

Le jeu des acteurs est très juste, sans excès, bien adapté à la salle du Tremplin. Des petites séquences video – un peu comme dans Harry rencontre Sally – ponctuent la pièce, tout se rejoint à la fin.

À la fin de la pièce, les acteurs ont invité les spectateurs à échanger autour d’un verre, l’occasion de connaître l’histoire de la pièce, de son auteur, comment il a fallu 25 ans à Enrico pour (enfin) jouer ce rôle, qui sont les personnes qu’on aperçoit dans les videos.

Une jolie pièce, bien jouée, pour une soirée agréable, à deux, qui ne demande qu’à se poursuivre par un dialogue dans le bar à vin qui fait face au théâtre.

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Bal Trap – Le Tremplin Théâtre

En une phrase : deux couples, l’un qui commence, l’autre qui finit, se croisent à la fin d’un bal

Etrange sensation que quelqu’un est passé à côté de quelque chose, à la sortie de cette pièce. Elle est très courte, bien qu’elle a commencé en retard (les petits théâtres, comme les avions privés, peuvent attendre l’arrivée des retardataires), malgré les longs noirs intermédiaires de la mise en scène, j’étais sur le trottoir 55 minutes après le début.

Longs noirs nécessaires aux changements de tenue de Florence Philippi, dont j’ai trouvé qu’ils cassaient le rythme, me laissaient tout seul frustré d’une émotion qui a perdu son support.

Est-ce qu’il y avait une tension particulière ? Le jeu de Florence Philippi était bizarre, son corps et sa voix passaient les mêmes messages, mais sur des tons désaccordés.

Celui d’André Fauquenoy était figé dans un premier temps, et puis (effet de la bière qui était sur scène ?) il s’est lâché, il était dans le rôle, j’ai trouvé qu’il jouait juste. Les placements étaient approximatifs (pourquoi prévoir une douche pour se placer à côté ?), les erreur de textes mal rattrapées.

Les couples ? L’un se délite dans la lassitude de la troisième année, l’autre se rencontre, on est chez Arletty et Jean Gabin plus que dans le théâtre de boulevard (si on était sur les grands boulevards, on serait devant le théâtre plus que dans la théâtre). Sans réel espoir.