La Vraie Vie – Théâtre Edouard VII

S’il ne fallait qu’une seule raison de voir la pièce, ce serait la performance d’Anne Benoit dont le rôle est presque muet et que j’ai regardée avec fascination pendant toute la pièce.

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La vraie vie s’annonce comme un vaudeville contemporain écrit par Fabrice Roger-Lacan et mis en scène par Bernard Murat où contretemps et quiproquos sont les révélateurs des névroses en quête d’une vérité qui se paye leur tête. Je n’ai pas vraiment ressenti ça en assistant à la représentation. Un vaudeville, des quiproquos, des contretemps, j’attends du rythme, une pièce qui pétille, des rebondissements qui partent dans tous les sens.

J’ai vu une pièce plutôt amusante, qui vaut plus par le jeu des acteurs que par la force de son texte.

Guillaume de Tonquédec fait le job, il fait du Guillaume de Tonquédec en s’amusant, ça se sent, ça lui va bien. Le jeu de Léa Drucker, tout en finesse et en retenue, va parfaitement avec son personnage.

Surtout, surtout, j’ai apprécié le jeu d’Anne Benoit (que j’avais vue sur cette même scène dans Couple il y a quelques mois). Son rôle est presque muet, son jeu fait de gestes, de mines m’a impressionné, il y a eu des moments où j’ai cessé de suivre l’action pour la voir tellement elle était lumineuse. Bref je l’ai trouvée magique, je pourrais retourner voir la pièce pour ne plus regarder qu’elle.

Une pièce intéressante, à voir, vous l’avez compris, pour le jeu d’Anne Benoit.

Théâtre Edouard VII du mardi au samedi à 21h00, samedi 17h00, dimanche 15h30

Couple – Théâtre Edouard VII

En une phrase : un homme, une femme, des moments de leur vie conjugale, on les observe, on en rit un peu jaune.

J’ai vu Couple comme une pièce désopilante et caustique. Désopilante parce que j’ai ri, caustique parce que mélange d’humour noir et de rire jaune.

J’ai adoré le jeu d’Anne BENOIT, je l’ai trouvée juste, étonnante, décoiffante, presque magistrale, elle en fait trop, mais d’un trop qui est juste nécessaire, façe à un Gilles GASTON-DREYFUS plus en nuances, plus diabolique. Voilà, un monstre, un diable.

Ils sont là, tous les deux, se disputent, ils ont pris l’habitude de ne pas se supporter, et c’est savoureux. Monstrueusement savoureux.

J’avais beau être au troisième rang, je me suis trouvé loin de l’action, simple observateur. Je crois qu’une petite salle intimiste multiplierait la saveur de cette pièce, la sensation de huis clos, l’enfermement oppressant du lieu comme du couple.

Surtout… la pièce est trop courte, bien trop courte. Elle est lancée, elle roule, on la savoure, et paf, c’est fini. J’ai vécu la fin de la pièce comme un coïtus interruptus. Brutale, frustrante.

La salle, peu garnie, a longuement applaudi des acteurs qui le méritaient vraiment.

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