Le Tartuffe – Petit Théâtre de Naples

Une intéressante vision colorée secoue et actualise la pièce de Molière au Petit Théâtre de Naples, par la Compagnie Icare de Naples, sous la direction de Patrick Rouzaud assisté de Sonia Ouldammar. Je l’ai trouvée d’une grande actualité, en cette avant veille de second tour d’élections présidentielles, qui devraient voir une nouvelle armée de faux dévots s’incliner devant le monarque nouveau.

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Les justes – Petit théâtre de Naples

Une représentation particulière de cette pièce de Camus, qui rend intemporelle l’actualité qui plombe nos infos. Une représentation où l’amitié était essentielle.

Le petit théâtre de Naples n’a pas d’enseigne extérieure, dans la cour d’une organisation qui accueille les étudiants, on se croit revenu dans American Graffiti, une salle de bal, une scène sur laquelle 5 musiciens jouent des grands standards.

J’emmène régulièrement l’écosystème de la société au spectacle. L’écosystème, ce sont ses salariés, ses clients, ses partenaires techniques et commerciaux, son avocat… les gens qu’on aime bien et avec qui on a du plaisir à fonctionner ensemble. Jusqu’à présent, c’était des spectacles faciles, des noms au théâtre Edouard VII, un Prénom, en fait, Le Quatuor intemporel de l’ami Jean-Yves Lacombe, les improvisations de Thomas Boissy, le Poisson Belge, des spectacles de fin d’année. Ce soir, la pièce était plus dure, surtout nous occupions toutes les places du théâtre, le Petit théâtre de Naples porte bien son nom.

La compagnie Icare, connue au hasard des pérégrinations des P’tits Molières, à travers Patrick Rouzaud, encore une histoire de hasards et d’amitié.

La troupe, venue jouer pour nous, une dernière fois, 12 jours après avoir donné la dernière représentations. Les mêmes acteurs, les mêmes placements, le même texte, une ambiance… différente, quand je l’avais vue en mai, l’ambiance était dure, ce soir il y avait une sorte de nostalgie.

De longs applaudissements, à la fin, pour remercier les acteurs de ce qu’ils avaient donné, on se retrouve rapidement dans un bar à vin, tous ensemble.

La représentation, pour eux, était particulière. Une vingt troisième fois imprévue, hors du rythme initial. Une dernière visite. Un adieu à ces personnages avec qui ils ont passé l’année, en septembre ils commencent à répéter un Tartuffe… dans lequel Tartuffe sera joué par une femme.

C’était un moment particulier, unique à tant de points de vue. Un de ces petits bons moments qui font que la vie parait plus belle.

Les Justes – Théâtre de Naples

En une phrase : la vie d’une cellule révolutionnaire, ses doutes, ses luttes et sa conscience, pendant et après l’assassinat du Grand Duc Serge


La mise en scène épurée de Patrick Rouzaud met en exergue la force du texte de Camus, tout aussi daté que présent dans l’actualité dramatique des attentats de janvier, novembre, Bruxelles… Si tous les révolutionnaires pouvaient avoir une conscience, à tout le moins une intelligence, a minima la capacité d’entendre et comprendre…

Pour une troupe dans laquelle se mélangent acteurs amateurs et professionnels sans qu’on puisse les distinguer, BRAVO. Plus l’acteur est près de l’action, de ce moment où il devra jeter une bombe; plus son jeu est en retrait, plus il en est loin, plus son jeu est naturel. La tension des âmes en devient palpable.

Au long de leur jeu, précis sur une scène dénudée, on sent les tensions, les doutes, la source des certitudes, la faille que masque la certitude de chacun.

À la fin, est-ce l’amour ou la mort qui gagne ? Dans ma lecture incorrigiblement optimiste, le dernier choix est un choix dicté par l’amour plus que par le désespoir.

L’architecture typée du lieu aide à donner à la pièce son intemporalité, on pourrait être au bal de fin d’année d’un lycée US au milieu des années 50.