M’man – Théâtre du Petit Saint Martin

Sentiment mitigé sur cette pièce vue dans l’écrin du Petit Saint Martin. Cinq tableaux, cinq moment de la vie d’une mère plutôt envahissante, voire castratrice, et de son fils toujours là, de l’anniversaire de ses 30 ans à celui de ses 40 ans (le fils, unique). Un peu Mamma italienne, un peu mère juive, je croyais voir la mère de mon ami Patrick B.

Sentiment mitigé parce que la pièce a commencé assez en retard, sans réelles excuses ni explications, on sentait la tension dans les équipes qui passaient et repassaient, cette tension a du se reporter sur les acteurs, ils n’étaient pas dedans durant les deux premiers tableaux, pas dans le rythme, du coup c’était un peu ennuyeux, et puis au troisième tableau ils sont partis, Cristina Reali surtout, ça s’est mis à fuser, à pétiller, c’était un régal. Une vraie Mamma, bien italienne, un vrai fils à maman, à qui elle ne laissait aucune chance. Mais ils s’aiment, seuls dans leur monde, et c’est le plus important, non ?

Sentiment mitigé, surtout, à cause du dispositif scénique. La scène du Petit Saint Martin est belle, elle est grande, ils n’en occupent qu’une petite partie, pourquoi pas, après tout « ton père est parti et il ne m’a laissé que ma cuisine », l’appartement est petit. Mais pourquoi ces barres de bois qui coupent la vue, j’étais au deuxième rang, assez central, et pendant un bon tiers de la pièce il y avait au moins un des acteurs masqué par les poteaux du décor.

La salle était très clairsemée, un public qui manifestement connaissait la pièce, ou avait des références culturelles que je n’ai pas, il démarrait au quart de tour, riait dès les premiers sons des bons mots qui égayent la pièce. On était en famille, en fait, ça allait bien avec le thème de la pièce.

A ne pas manquer : la version française de Felicita, à l’occasion d’un des changements de tableau, par Robin Causse.

Le site du tableau

Constellations – Théâtre du Petit Saint Martin

En une phrase : un homme, une femme, dans les moments essentiels de leur vie, tel qu’il pourrait s’être passé.

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Sur un plateau rond, avec un éclairage magnifique, Marie Gillain et Christophe Paou sont Marianne, physicienne, Roland, apiculteur, qui se rencontrent, vivent etc. Vivent. Dans un monde. Où la mécanique quantique s’applique tout autant que la gravité. Un monde grave, où tout les instants possibles coexistent, forment un nuage de probabilités jusqu’à effondrement de la fonction d’onde.

Les moments possibles sont joués successivement. De leur rencontre, à un barbecue, qui peut, ou pas, conduire à un rapprochement. A la fin, poignante, qui sortirait une goutte du coeur d’un insensible.

La vie quantique est une navette, d’un point initial à un point final.

Un superbe travail des deux acteurs, qui peuvent donner, par la façon dont ils jouent, des sens opposés à un même dialogue. Avec une emphase sur celui de Marie Gillain, fantastique actrice.

J’ai aimé la mise en scène, la lumière. J’ai admiré le jeu de acteurs. J’ai eu le coeur serré de voir Marianne perdre pied, choisir sa fin.

Au fond, c’est ça la leçon de cette pièce. Dans un monde quantique où tous les instants coexistent, le choix de chacun s’impose au destin.