En couple (situation provisoire)

Des couples qui se bouffent le nez avec les mots pleins de l’humour moqueur de Jean-Michel Ribes, c’est la promesse tenue d’une bonne soirée dont on sort avec le moral au beau fixe, parce que ce n’est pas nous qui étions dans ces situations biscornues.

couple

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Mademoiselle Frankenstein

Mademoiselle Frankenstein est devenue mon amie. Une pièce de théâtre ? Oui, et ses interprètes. Parce que ce n’est pas seulement une belle pièce, c’est une grande pièce.


C’était la cinquième fois que je voyais la pièce, la quatrième année. Il y a des pièces que j’ai vues trois, quatre, cinq fois pour des raisons très différentes, je finissais toujours par les connaitre par coeur, ne plus devenir attentif qu’aux détails pendant que le texte ronronnait.

Hier soir, j’ai encore, à nouveau, été pris, été saisi. Bien sûr Frédéric Gray était assis quand nous sommes entrés dans la salle, bien sûr le rideau frémissait comme s’il était vivant, bien sûr Christelle Maldague est apparue. Bien sûr nous sommes rentrés dans la compréhension de l’âme de Mary Shelley, de la naissance de Lazarro Spallanzani. Bien sûr j’ai écouté les aphorismes de l’anglaise désinvolte, vu tourner les yeux de l’italien démoniaque.

J’ai écrit un jour que Mademoiselle Frankenstein est comme un film de M Night Shyamalan, à voir deux fois. Je me suis trompé. Un film de MNS se voit deux fois, et on en a fait le tour. Mademoiselle Frankenstein, comme un vrai ami, a quelque chose de plus à dire à chaque rencontre.

J’ai revu la pièce, et je l’ai découverte, savourée, comme si c’était la première fois. Je me suis laissé emporter, surprendre. J’ai été emporté, surpris, étonné, séduit. J’ai savouré le jeu des acteurs, admiré le jeu des lumières (un coup de chapeau, au passage, au travail du régisseur). J’ai relu ces genèses imbriquées, j’ai marché.

L’an dernier c’était la dernière saison à La Folie Théâtre, la représentation d’hier soir l’ultime représentation de la pièce dans l’écrin qui l’a vue naitre. La pièce continue, elle vit, tourne, en région parisienne, en province. Dans des salles de toutes tailles.

Je suis serein, je la reverrai. C’est une amie, on revoit toujours ses amis.

Mademoiselle Frankenstein – La Folie Théâtre

En une phrase : Mary Shelley, 15 ans après avoir écrit Frankenstein, face à sa création.

J’avoue, j’adore cette pièce, je l’ai vue trois fois en deux ans dans son écrin, la Petite Folie.

Mademoiselle Frankenstein, c’est la rencontre de Mary Shelley et de sa création, l’exploration de sa vie, des circonstances de l’écriture, la rencontre de Mary Shelley et de sa créature.

Vous ne verrez pas de monstre couturé pour vous faire hurler de peur, ni de rire. Vous rirez, ça détend, de certaines réparties. L’ambiance de la scène est angoissante, elle n’est là que pour nous accompagner dans la découverte des blessures de l’une, la frêle jeune fille qui a enfanté DU livre, de l’autre, enfanté dans une expérience maléfique. Ils se découvrent, se rejoignent.

Vous verrez deux êtres malheureux, qui se défendent avec leurs armes, vous serez tristes avec eux.

Mademoiselle Frankenstein, c’est un peu comme un film de M Night Shyamalan, une pièce à voir deux fois, une fois pour ressentir l’angoisse et la tension, une fois pour ressentir la tristesse et l’empathie.

Les deux acteurs sont fantastiques. Christelle Maldague livre une Mary Shelley à la solidité tranchante d’une vieille anglaise distinguée, Frédéric Gray est un Lazarro étrange et démoniaque.

Je sais bien qu’on a déjà vu la pièce en février dernier, vous m’aviez fait la confiance d’être 10 à m’accompagner. Croyez-moi, retournez la voir, redécouvrez la.

Baroudeur était là, hier soir. Il n’a pas tout compris, il n’a pas encore lu le livre. Il en a reçu suffisament pour suivre malgré l’heure tardive, pour ressentir au fond de lui la tristesse et la solitude des personnages.

Un grand bravo à toute l’équipe.