Les Ailes du Désir

Marie Ballet adapte pour la scène les Ailes du Désir, le film de Wim Wenders, une belle mise en scène qui convaincra tous ceux qui ont conservé une âme et un regard d’enfant.

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Je suis rentré dans la salle, sans avoir revu le film de Wim Wenders, avec le souvenir de ses images, plein de curiosité pour cette création pluridisciplinaire pour deux comédiens, une trapéziste et un musicien. Et, au fond, j’ai revécu le film, son ambiance étrange, deux anges observent le monde, les hommes sentent leur présence, les anges ont tout vu, sans jamais rien ressentir, certains choisissent de devenir mortel, l’un d’entre eux, attiré par une belle trapéziste.

L’action se passe à Berlin, la ville de la guerre froide, la ville où chacun savait que tout pouvait basculer à tout instant, qui savait le prix et la fugacité de la vie. C’est dans le film, c’est dans la pièce, ce n’est plus dans la mémoire collective.

Marie Ballet signe une belle mise en scène, j’ai retrouvé l’ambiance poétique du film, la façon dont elle rend la présence des anges, l’ambiance du concert, les images de la trapéziste. Plus difficile à rendre, l’onirisme des images, le jeu entre le noir et blanc et la couleur, ils viennent par les mots des anges, comme viennent les enfants.

C’est sans doute la spécificité de la pièce, de mettre des images dans la tête du spectateur autant par l’intermédiaire de son oeil que par l’intermédiaire de son oreille, il y a le jeu des acteurs, il y a leurs mots, si le spectateur ne se laisse pas envahir par ces images, il passe à côté du spectacle, trouve le temps longs, s’ennuie. Mais si il laisse les images venir…

J’ai été impressionné par la performance de la trapéziste, toute en efforts mesurés, en lenteur, on n’est pas dans le domaine de la performance (plus haut, plus vite), mais dans le domaine de la puissance rassurante.

J’étais accompagné de Baroudeur, et de son grand frère de 18 ans. 18 ans a apprécié la mise en scène, il s’est un peu ennuyé, ça se voyait. Baroudeur était hypnotisé, il se tournait pour bien voir, quand je le regardais, il me faisait bien comprendre que je le dérangeais. Son retour : « J’ai bien compris l’histoire, il y avait l’émotion de ne rien sentir quand on s’en va de quelque chose qu’on aime, quand la trapéziste arrête le cirque, ça m’a fait bizarre. Les anges jouaient bien, je me suis senti plus proche de l’ange qui restait à observer que de l’ange qui voulait vivre ».

La pièce est conseillée « à partir de 15 ans », c’est vrai, c’est un gros texte. Mais les enfants voient les anges, jusqu’à ce que le monde fasse grandir leur regard.

Je conseille la pièce à tout ceux qui ont conservé une âme ou un regard d’enfant.

Au Théâtre 13 / Seine jusqu’au 3 février 2019
Du mardi au samedi : 20h00 / dimanche : 16h00

Texte : Wim Wenders, Peter Handke et Richard Reitinger
Avec : Christophe Laparra,  Stéphane Léchit, Paul Nguyen, Camille Voitellier
Mise en scène : Marie Ballet
Compagnie : Oui Aujourd’hui

 

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