Bienvenue en Corée du Nord

Quatre clowns reviennent de Corée du Nord, leur innocence a été touchée par l’absurdité du pays, ils partagent leurs émotions sans aucun filtre.

bienvenue en coree du nord © alban van wassenhove
(c) Alban Van Wassenhove

Ils entrent en scène, et ça commence à diverger. Ils ne savent pas où se mettre, ils oublient leur texte, alors ils racontent leur voyage en Corée du Nord, ce beau pays, dont le Président est éternel. Par petites touches, ils partagent leurs sentiments, leurs ressentis. Ils sont désarmés, intrigués, parfois séduits par l’absurdité du pays. Leur univers est pourtant différemment absurde.

Ils sont pleins de bonne volonté, fragiles, ils essayent. Ils ratent. Ils recommencent.

Ce sont des clowns, qui partagent leurs sentiments, leurs ressentis. On les sent désarmés, intrigués. Chacun a son caractère, bien tranché, qui le guide durant tout le spectacle. Son physique, son histoire. Son innocence, qui le conduit à recevoir sans filtre l’absurdité d’un pays où la mort ne met pas fin aux fonctions, la misère de ce pays dont un habitant sur quatre (non, sur huit) est mort de faim, ce pays où avoir déjeuné vous donne l’IMC locale d’une obésité morbide.

 

Il m’a fallu un certain temps pour rentrer dans le spectacle, je m’attendais à une caricature de la Corée du Nord, je recevais quelque chose de foutraque, de déjanté.

Et puis ça a enclenché, sur un moment de grâce, la comparaison entre Kim Il Song, Président éternel de la Corée du Nord et néanmoins décédé, et Jésus Christ. Sur un autre, Joe Dassin agent infiltré de la Corée du Nord à Paris.

Bienvenue en Corée du Nord est un spectacle à côté duquel on passe facilement si on y va seul avec un esprit observateur. Mais si on y va en groupe prêt à interagir, ou avec son âme d’enfant, on se laisse embarquer dans ce voyage en absurdie, on se laisse toucher par Brigitte qui n’arrive pas à faire danser son missile, par Pauline à qui on a dit que son corps n’était pas adapté à la GRS, par Marion qui perd ses mots, par Pom et son esprit cartésien.

Voilà, c’est ça. Ce n’est pas un spectacle auquel assister avec un esprit adulte. Ca vous laisse deux choix, l’esprit enfant, qui va rejoindre le groupe de ceux qui sont déjà sur scène, ou l’esprit parent, qui se laissera emplir par l’émotion de voir quatre innocents raconter l’enfer où ils ont passé dix jours.

Vous sortirez avec dans la tête un hymne à Kim Jong Il.

Au Théâtre de Belleville jusqu’au 29 janvier 2019
Lundi-Mardi 19h15 / Dimanche 17h00

Texte : Olivier Lopez
Avec : Marie-Laure Baudain, Alexandre Chatelin, Laure Deforge, Adélaïde Langlois
Mise en scène : Olivier Lopez

Production et dates de tournée : La Cité/Théâtre

 

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