La Vergogne

Une jeune femme de la ville revient sur le lieu de son enfance, un lieu mystérieux, fascinant. En l’explorant, elle soulève bien des questions, fait renaitre des désirs, peut-être des sentiments. Que trouve-t-elle réellement ?

Vergogne
Dans la pénombre, des meubles recouverts de toile. Au fond, une tapisserie. Au sol, des éclats de peinture, ou des feuilles. Hortense Herman revient, une lampe torche à la main. Elle revient dans la maison de son grand père, sur les terres qui l’ont connue petite. Elle revient pour vendre ces terres. Mais la source qui a donné vie au village a cessé de couler. Pendant ces quelques jours, Hortense va renouer avec son passé. Avec ceux qui l’ont vue grandir. Et partir. Non sans avoir soulevé bien des questions. Et renoué avec les relations ambigües qu’on peut avoir avec ses vieux amis.

Je me suis laissé prendre à l’univers oppressant qui se créait sur la scène. Un univers lynchien, dans lequel ce que tout le monde sait sans en parler devient vite un secret. La scénographie est intelligente, qui nous transporte en un instant dans un salon, un sous bois, près d’une source, dans la roulotte d’une famille de gitan. Les plans s’enchainent. Les paroles se libèrent, avec chaque secret vient son lot de questions.

Je suis sorti de la salle avec l’envie de connaitre la réponse à ces questions, la pièce apporte des réponses à certaines, pas à toutes. Ca fait partie de sa magie, d’avoir créé cet effet atypique, de laisser le spectateur dans l’attente, comme savent le faire les séries télévisées, qui vous donnent l’envie de revenir.

Hortense est revenue. Elle a cherché à retrouver l’illusion de son enfance, redonné corps à de vieux désirs, retrouvé la réalité. Décevante. Elle est repartie vers sa vie citadine. En laissant bien des questions sans réponse.

Lavinia, la petite chatte sauvage et sensuelle, quel était son lien avec le grand père ? Pourquoi a-t-il créé ce village pour elle ? Pourquoi Margot achète-t-elle toutes les mûres cueillies par les gitans ? D’où lui vient son argent ? Quel est le secret fondateur dont tous portent la honte ? Il reste plein de questions dans cet univers. J’ai envie d’en explorer les autres pans . Comme la trilogie de Lucas Belvaux, il faut voir les trois films. J’attends la suite avec impatience.

J’ai, c’est vrai, tendance à râler quand la vidéo prend trop de place dans une pièce de théâtre, tendance à penser que si il y a besoin d’expliquer, c’est que le projet n’est pas fini. La Vergogne n’utilise pas la vidéo. La Vergogne crée un univers, l’explore avec les codes de la série – les codes, pas les grosses ficelles. J’ai apprécié le procédé.

La Vergogne est le premier projet de la compagnie Bleu Vendange, la première pièce écrite et mise en scène par Flora Bourne-Chastel. Ils méritent votre intérêt.

Au théâtre de Belleville jusqu’au 27 mai – du mercredi au samedi à 19h15

Texte et mise en scène : Flora Bourne-Chastel
Avec Sylvie Beurtheret, Jean-Baptiste Florens, Maroussia Henrich, Valentine Lauzat, Mélanie Peyre, Antoine Sastre
Scénographie : Carine Ravaud

La page FaceBook de la compagnie Bleu Vendange

 

 

Une réflexion sur “La Vergogne

  1. Elsa M 28 mai 2018 / 14 02 50 05505

    Une très belle oeuvre que j’ai eu la chance de découvrir il y’a quelques jours.

    J'aime

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